Dur de constater quun réalisateur, en changeant de registre, peut perdre beaucoup de ses moyens, de son aptitude à diriger des comédiens, à mener un récit. Comme Laurent Tuel en passant de la comédie Jean-Philippe au polar Le Premier Cercle.
Le Premier Cercle ou comment, dans le milieu très fermé dun clan de la mafia arménienne, un caïd (Jean Reno) accuse mal le coup de voir le fils qu'il lui reste (Gaspard Ulliel) filer le grand amour avec une belle infirmière (Vahina Giocante) qui pourrait le transformer définitivement en un bon petit mari rangé des voitures. Pas heureux du tout le patriarche, ce qui ne lempêche pas de plomber un gardien en vidant une riche villa de son mobilier, dorganiser le casse dun avion et de chercher querelle au flic (Sami Bouajila) selon lui responsable de la mort de son premier rejeton
Très solennellement et pompeusement illustrée cette histoire, à ce point rigide dans son tempo, figée dans ses confrontations quelle donne à regretter le folklore du chaud bouillant Grand Pardon. Aucun feu sous la glace. Tout juste une étincelle lors du braquage final qui, sur la promesse dun morceau de bravoure, foire complètement à l'écran, comme si des bouts entiers de pellicule avaient disparu.
Daprès les comédiens, Laurent Tuel aurait tenté détoffer le scénario dune dimension de « tragédie grecque ». Noble intention, mais le cinéaste ne se livre pas dans les suppléments du DVD et du Blu-ray (les mêmes), ceux-ci se résumant à des interventions des cinq principaux interprètes sur leur lieu de travail, le plateau du film. Des interventions de Jean Reno, Gaspard Ulliel, Vahina Giocante, Sami Bouajila et Isaac Sharry. Du prédécoupé pour la promotion TV.
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