Pour accompagner un film en DVD, nul besoin den faire trop, den rajouter des tonnes. Un doc et, parfois, ça suffit amplement. Le cas de celui qui figure au menu de Bellamy, série noire très Georges Simenon de Claude Chabrol.Un documentaire sur le réalisateur ? Non, sur Gérard Depardieu, chose beaucoup plus rare, le comédien ne se prêtant pratiquement jamais à lexercice. Encore ne fait-il aucune déclaration à Pierre-Henri Gibert ; il se laisse tout simplement filmer sur le plateau. Y compris lorsquil tombe dans les plaisanteries les plus grasses et pourrait passer pour un type odieux, obsédé par son nez phallique. Une caractéristique du personnage que ne nie pas un Claude Chabrol qui, sans lui trouver des circonstances atténuantes, vante néanmoins son intelligence, ses intuitions, son humanité et son aptitude à démasquer les imposteurs. Des propos sans complaisance aucune, à linstar de ceux des partenaires du Monstre de jeu (Marie Bunel, Jacques Gamblin, Clovis Cornillac) et du biographe Pascal Mérigeau.Au-delà des témoignages, ce sont des images non formatées ni préméditées qui en disent le plus sur Gérard Depardieu. Depardieu qui dirige pratiquement ses partenaires les moins aguerris, qui traite Chabrol de « petit chewing-gum à loignon », qui regrette les tendances nouvelles de la production cinématographique et linclinaison des Américains à tout expliquer. Depardieu qui plaisante, sénerve brièvement, grogne et que la délicieuse Marie Bunel rembarre. Lours et la poupée en somme. Depardieu qui déborde de partout. Aux sens propre et figuré. En presque une heure, un portrait au plus près de son sujet, d'un bonhomme qui, sans la moindre révélation, se dévoile néanmoins comme jamais.
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