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Qu'y a t-il de différent avec ces personnages que l'on commence à bien connaitre ?

Chris Evans : Et bien en ce qui me concerne, la motivation et le parcours de Johnny Storm sont différents cette fois-ci. Avant, il faisait cavalier seul et voulait voler la vedette aux autres Fantastiques. Mais ici, il se rend compte qu'il faut avoir l'esprit de solidarité et de famille. Si la BD a toujours eu du succès, c'est en raison de cette philosophie. Dans ce film, Johnny s'ouvre aux autres, aux relations avec les autres...

Jessica Alba : Et bien mes cheveux sont encore plus longs et encore plus blonds ! (Rires) Oui, comme le dit Chris, cette fois-ci nous avons mûri et nous assumons mieux notre responsabilité de super-héros. L'esprit de famille est en effet mis au premier plan et d'ailleurs Sue et Richard se marient dans cette épisode.

Ioan Gruffudd : Pour moi, il s'agit aussi de souligner ma responsabilité de chef, de leader du groupe. Il se sent mieux dans sa peau de leader, de futur mari, de père de famille. Pour moi, ce fut vraiment intéressant d'avoir la possibilité de faire "grandir" mon personnage, de lui donner une nouvelle dimension. Et puis dans le premier film j'étais une sorte de geek, un grand timide. Là je deviens un homme, un super-homme ! J'assume et nous assumons tous notre rôle de sauveurs de la planète et nous en sommes fiers. Dans le premier film, nous étions un peu à la merci de nos pouvoirs mais dans ce film, nous apprenons à mieux nous servir de nos pouvoirs pour être plus efficaces, d'autant que nos combats sont beaucoup plus impressionnants.

Michael Chiklis : Pour moi, c'est la même chose. Il y a aussi une évolution, une meilleure acceptation de ma condition et de ma relation avec ma petite amie, Alicia. Richard est vraiment le cerveau du groupe et moi j'en suis le "coeur". Au-delà de son apparence, Ben Grimm est vraiment un être adorable et charmant. Il assume lui aussi son nouveau statut de super-héros. De plus il a pris pleinement conscience de l'étendue de ses pouvoirs et il complète parfaitement le groupe. Seuls, nous avons pas mal de pouvoir, mais ensemble on casse vraiment la baraque. C'est pour montrer que l'union fait la force : un beau message pour les enfants.

Julian, qu'en est-il du Docteur Fatalis ? Est-il encore plus diabolique cette fois-ci ?

Julian McMahon : Je ne savais que l'on me pensait diabolique ! Cela fait sans doute parti de ma personnalité d'être un enfoiré... (Rires) Je plaisante, mais c'est vrai que cette fois-ci Fatalis revient avec un esprit de vengeance, de revanche et donc forcément il est plus diabolique qu'auparavant. Et puis j'ai un nouveau costume d'enfer ! La première fois que je l'ai porté, je me suis vraiment trouvé diabolique et effrayant. Mais bon, ce film n'est pas si méchant que cela puisqu'il s'addresse tout de même aux plus jeunes. Dans tous les cas, ce fut une experience fun même si j'ai passé moins de temps à tourner que dans le premier volet en raison de mes engagements sur Nip/Tuck.

Michael, il paraît que votre costume et mieux adapté à votre corps cette fois-ci, et plus confortable ?

Michael Chiklis : Oh, oui, c'est le jour et la nuit ! Je n'arrêtais pas de me plaindre dans le premier film et j'étouffais totalement dans mon costume. C'est totalement inhumain ! Mais j'ai compris qu'à l'époque les costumiers n'avaient pas eu beaucoup de temps pour le mettre au point et qu'il s'agissait d'un prototype, d'un essai. Mais cette fois-ci, ils ont eu plus de temps pour mettre au point mon costume. De plus on ne me voit pas souvent torse nu : quand je porte le costume des 4 Fantastiques, on ne recouvre vraiment que mon visage, mes mains et pieds, c'est donc plus léger et confortable. Mais de toute façon j'adore mon métier et donc même si c'est une expérience qui n'est pas toujours plaisante, c'est vraiment génial de pouvoir interpréter des personnages comme celui-ci. Ce n'est pas tout les jours que l'on peut devenir Ben Grimm, la Chose !

Au-delà du blockbuster à effet spéciaux, que représentent ces films pour vous ?

Julian McMahon : J'ai toujours adoré ces films et les BD qui les ont inspirés. J'ai toujours trouvé que Fatalis était le mec le plus effroyable de la planète jusqu'à la venue de Dark Vador. Ces films, c'est juste une vraie partie de plaisir, où je peux me défouler et jouer les méchants !

Michael Chiklis : Je pense que les gens s'identifient à ces personnages qui ont des vies et des relations compliquées parce qu'eux-mêmes se trouvent dans ce cas là. Qui n'a pas de crise existentielle et de crise de famille dans sa vie ?

Jessica Alba : Pour moi, c'est très important de faire partie d'un film qui est totalement familial, qui s'adresse aux plus jeunes comme aux plus vieux. C'est également un régal de pouvoir jouer un personnage de femme forte, qui n'a pas à utiliser son sex appeal pour se faire une place dans la société. Je pense que c'est un très bon exemple pour les filles et les femmes d'aujourd'hui.

Chris Evans : Et puis tout le monde rêve d'être un super-héros ! De plus au niveau de notre carrière, c'est un formidable tremplin pour le futur...

Ioan Gruffudd : Pour moi aussi c'est un rêve d'enfant qui se réalise. Je lisais ces BD dans ma tendre enfance et donc c'est une énorme récompense de faire partie de cette saga.

Parlez-vous de votre nouveau mode de transport dans ce film, la "Fantastic Car"?

Michael Chiklis : C'est une "voiture" époustouflante ! J'adore les voitures mais celle-là, en plus, elle vole ! Donc c'est magique, c'est le top du top !

Jessica Alba : Pour moi, ce ne fut pas une expérience aussi plaisante car on nous a secoués dans tous les sens pour certaines séquences d'action et je me suis sentie plus d'une fois vraiment mal. Parfois on passait des journées entières dans la voiture et je me sentais totalement coincée et fatiguée. Mais j'avoue avoir été impressionnée par cette voiture, c'est une vraie prouesse technologique. Et je me suis quand même amusée à prétendre la faire voler et manipuler les joysticks et presser les boutons censés activer tel ou tel gadget. C'était comme à Noël et on avait entre nos mains le jouet ultime. Vraiment, on aurait aimé décoller pour de vrai !

Pouvez-vous parler en détail du Surfer d'Argent, petite merveille en images de synthèses ?

Ioan Gruffudd : C'est vrai que le Surfer est essentiellement un personnage imaginaire réalisé à partir d'images de synthèse. Ceci dit, pour nous permettre d'être dans le vrai et motiver notre jeu en tant qu'acteur, l'acteur Doug Jones nous donnait la réplique dans un étrange costume vert. C'est bien plus facile de jouer face à un autre acteur que face à une balle de tennis !

Julian McMahon : Moi j'aime bien jouer face à une balle de tennis sur un fond vert ! Car il n'y a pas d'engueulade possible avec une balle de tennis et vous pouvez faire ce que vous voulez...

C'était donc plus facile pour vous, en tant qu'acteur, pour cette seconde fois dans un film aux si nombreux effet visuels ?

Ioan Gruffudd : Oui, on s'y fait rapidement. Et puis tout le monde a voulu mettre la barre beaucoup plus haute : il y aura donc une pléiade d'effets speciaux, beaucoup plus que dans le premier... C'est dans la nature de ce genre de films de repousser toujours les limites de la technologie et de gonfler à bloc les effets spéciaux. C'est un art tellement précis et qui prend tellement de temps... Pour une séquence de travail de 10 minutes avec 2 ou 3 prises, l'équipe des effets spéciaux passe des heures et des heures à mettre tout au point. Le temps d'attente entre deux scène pouvait parfois atteindre les 2 heures. Alors, on se changeait les idées comme on pouvait en lisant, en jouant aux jeux vidéo, en regardant la télé... Et encore je ne me plains pas car nous au moins, on a eu pas mal de scènes en décors naturels avec de vrais acteurs. Mais imaginez l'enfer qu'on dû vivre les acteurs de Star Wars qui ont entièrement tourné les 3 films de la nouvelle trilogie sur fonds verts et avec des créatures remplacées par des balles de tennis !

Julian McMahon : C'est vrai que pour un acteur, ce genre de cinéma est une expérience totalement différente de celle d'un cinéma "classique". Vous devez laisser votre imagination vous guider, et c'est finalement une expérience beaucoup plus mentale que physique. Il vous faut créer tout un univers dans votre tête.

Michael Chiklis : Cela vous pousse à laisser vivre l'enfant en vous !

Ioan Gruffudd : Cela vous force à plus de concentration et de travail sur vous-mêmes. Vous êtes toujours à la recherche de choses qui n'existent pas et qui sont virtuelles. Et vous devez y croire ! Dans les scèns où on nous voit voler dans la Fantastic Car, il a fallu vraiment s'y croire et donner cette impression de vrai, que nous étions ut dans les airs à filer à toute vitesse ! C'est tout un art que de vous faire croire à l'impossible et de finir par y croire vraiment.

Justement, est-ce dur pour vous de maintenir un certain sérieux, justement pour que l'on y croit, et ceci malgré les costumes, les effets visuels, les fonds verts l'humour... ?

Michael Chiklis : Pour mon rôle, j'étais vraiment sérieux, sombre et torturé dans le premier film. Tandis qu'ici mon personnage est plus relax et léger.

Ioan Gruffudd : C'est en effet plus simple et facile que sur le premier film. Dans le premier volet, il nous fallait établir les personnages et subir l'histoire tandis que dans celui-ci nous avons les moyens de vraiment faire mûrir nos héros et de dominer la situation et la trame dramatique. Maintenant tout le monde nous connaît, connaît nos origines et donc on peut aller plus loin dans l'aventure et dans les défis qui se dressent devant nous. C'est un luxe de pouvoir revenir dans la peau de ces héros et nous y revenons avec une grande confiance. De plus, il y a deux ans entre les deux films et donc cela a permis de bien digérer, de bien réfléchir à nos personnages. Tout vient avec le temps...

Jessica Alba : Pour être dans le vrai, il faut prendre son travail au sérieux il me semble. De plus, pour moi, en deux ans, j'ai mûri et grandi. J'ai aussi joué dans d'autres films qui m'ont permis de m'améliorer et j'apporte donc une expérience enrichie pour rentrer pour la seconde fois dans la peau de mon personnage. Et si nous faisons un troisième film, je suis certaine que nos rôles évoluront encore et seront encore plus forts.

Chris Evans : Oui j'ai été ravi de revenir dans la peau de Johnny et d'améliorer ce qui ne marchait pas totalement dans le premier film vis à vis du charisme de mon personnage.

Julian McMahon : Je ne suis pas d'accord avec eux... Moi, j'ai l'impression de dé-évoluer! (Rires) Plus sérieusement et comme le dit Jessica, c'est notre boulot de faire un boulot sérieux auquel vous croyez. Si une scène contient de l'humour, c'est à moi d'être marrant et si c'est une scène intense et dramatique et bien c'est aussi à moi d'être au mieux sur cette performance dramatique. Il ne faut pas se prendre trop au sérieux mais faire un boulot sérieux.

Vous avez tous des supers-pouvoirs, on le sait, mais faites-vous des choses différentes avec ces pouvoirs dans ce film ?

Ioan Gruffudd : Et bien nous avons tous les même pouvoirs mais nous les utilisons d'une manière différente et plus réfléchie. Cette fois-ci le défi est de taille en la personne du Surfer d'Argent qui est une créature assez ambigue et difficile à combattre. De plus, nous sommes un peu perdus et ne savons pas s'il est véritablement mauvais ou bon. Vous aurez bien sûr beaucoup d'effets visuels dans ce film, vous m'y verrez devenir élastique jusqu'au au bout de mes possibilities, notamment à un moment je me transforme en catapulte. Sue est également maintenant capable de tous nous protéger avec un dôme invisible. Et puis nous devons à nouveau faire face à un Docteur Fatalis plus déchaîné que jamais !

Julian McMahon : Et bien je crois que nous sommes très fidéles aux BD. Disons que mes pouvoirs dans ce film sont plus performants et radicaux. A la fin j'ai lap eau des 4 Fantastiques.... Ha ? J'ai révélé la fin ? Non, je plaisante... En tout cas, je suis beaucoup plus puissant dans cet episode. Il s'agit aussi d'admirer les pouvoirs presque sans limites du Surfer d'Argent. Ses pouvoirs ont un effet hypnotique sur moi et j'essaye de me les accaparer... C'est tout un programme et vous allez être à bout de souffle très vite.

Michael Chiklis : Oui, cette fois-ci la véritable difference est que nous sommes conscient de nos pouvoirs et parvenons bien à les maîtriser. Cela est essentiel pour pouvoir affronter le Surfer d'Argent et Fatalis.

Jessica Alba : De plus, je crois que cette fois-ci ces pouvoirs font partie d'une manière naturelle, presque organique, de notre vie quotidienne. Nos pouvoirs ne nous sont plus étrangers comme dans le premier film. Maintenant Johnny sait contrôler la force de son feu et peut se faire des toasts grillés au petit déjeuner !

Chris Evans : Et Sue arrive sans problême à devenir invisible... même nue elle ne réapparaît plus sans sa volonté comme dans le premier volet.

Ce film aussi semble traiter du statut de "star", de la célébrité rencontrée par ces personnages devenus malgré eux des super-héros. Est-ce que leur célébrité, leur succès les a changés ? Et qu'en est-il pour vous ?

Jessica Alba : Oui bien sûr ! Je me la joue totalement maintenant et je désteste tout le monde ! Je ne reconnais même plus les membres de ma famille ! (Rires) Non, en fait, c'est tout l'opposé et cela montre qu'au delà de leur célébrité, ils ont su rester des êtres humains comme les autres. Ils veulent toujours une vie de famille comme le reste du monde. Mais bien sûr, vu leur statut de "star" ils sont sous l'oeil du microscope de la société et des médias qui les voient comme ils veulent les voir. Ils les mettent sur un piedestal et attendent qu'ils se cassent la figure pour se moquer d'eux et les pointer du doigt. Et ils doivent sacrifier leur vie privée pour cette nouvelle responsabilité de "sauveurs de la planète"... En tant qu'actrice, c'est un peu la même chose. Vous devez abandonner un peu de votre vie privée. Mais en même temps, on ne vous demande pas de tout sacrifier. C'est à vous de ne pas tout offrir, tout donner, tout révéler. J'ai su garder pas mal de ma vie privée car je n'en parle jamais et je protège ceux que j'aime. C'est une question de choix, de priorités aussi.

Ioan Gruffudd : La différence entre ces personnages et nous en tant qu'acteurs et actrices, c'est que pour eux cela n'a pas été un choix. Ils sont devenus des "stars" malgré eux. En tant qu'acteur, j'ai choisi d'être mis à nu et sous les feux des projecteurs. Je ne m'en plains pas, je sais faire face à mes nouvelles responsabilités. Et puis dans la vie vous ne pouvez pas tout avoir, votre célébrité et en même temps une vie privée normale comme tout le monde. Mais bon, il faut faire la part des choses et apprendre à vivre avec. Etre une star ce n'est pas la fin du monde. Il y a pire, non ?

Propos recueillis à Vancouver par Emmanuel Itier

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