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Affaire Mohammed al-Dura: 1er appel devant la justice israélienne contre France 2

Un organisme ultra-nationaliste a réclamé lundi à la Cour suprême d'Israël la révocation des accréditations de journalistes de l'équipe de télévision de France 2 accusée d'avoir "mis en scène" la mort du petit Mohammed al-Dura au début de l'Intifada.

C'est la première fois que la mort de cet enfant palestinien, le 30 septembre 2000, à Gaza, devenu une véritable icône symbolisant la répression israélienne, fait l'objet d'un débat devant un tribunal israélien.

En face, les représentants de l'Etat et de la chaîne France 2, soutenus par les associations de la presse israélienne et étrangère ont rejeté cette exigence au nom notamment de la "liberté de la presse".

"Ce recours s'inscrit dans une campagne calomnieuse depuis huit ans suite à l'impact qu'ont eues ces images, une campagne qui vise à délégitimer le travail des journalistes" couvrant le conflit israélo-palestinien, a déclaré Charles Enderlin, le journaliste auteur du reportage et directeur du bureau de France 2 à Jérusalem.

Ofir Tal, l'avocat de la chaîne France 2, a rappelé qu'aucune instance juridique israélienne (ou étrangère) n'avait jusqu'à ce jour conclu à une fabrication, et qu'au contraire, des auteurs de telles affirmations avaient été "condamnés pour diffamation" à quatre reprises devant des tribunaux français .

Le cabinet d'avocats Shurat HaDin a soutenu pour sa part devant la Cour que les images filmées par un cameraman palestinien de la fusillade de Gaza au cours de laquelle le petit Mohammed avait été tué dans les bras de son père "avaient été mise en scène à des fins de propagande palestinienne".

L'avocate de Shurat HaDin, Nitsana Darshan Leiner, a fait valoir que le chef du Bureau de presse gouvernemental Daniel Seaman, avait lui-même repris à son compte cette thèse, dans une lettre à cette association, en octobre dernier.

M. Seaman avait toutefois déclaré être dans "l'incapacité légale" de retirer les cartes d'accréditation des journalistes, vu qu'il n'y avait pas eu de plainte officielle israélienne contre France 2 et qu'aucune atteinte à la sécurité de l'Etat ne pouvait être relevée.

Le tribunal a annoncé qu'il déciderait prochainement si l'affaire relève de sa compétence.


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