Beau film, grand film. Certes plus académique, moins expérimental que la plupart de ceux réalisés par Gus Van Sant, il dépeint la prise de conscience politique, puis lascension de Harvey Milk, petit commerçant de San Francisco que le militantisme gay conduit à la mairie de la ville en tant que conseiller. Une présence qui fait de lombre à un autre délégué de district, Dan White, homme instable, ébranlé dans ses prérogatives et qui finit par abattre Harvey Milk et un maire progressiste Gus Van Sant aurait certes pu charger, diaboliser Dan White. Il nen fait rien. Il aurait également pu résumer son biopic partiel à un pittoresque et folklorique pamphlet en faveur des droits des homosexuels. Il nen fait rien. Ce nest pas seulement du combat des gays dont parle le film, mais de celui de toutes les minorités, de tous ceux qui souffrent de leur différence, de la loi dune majorité morale répressive. Une démarche qui le rend universel et, au-delà dun message jamais asséné, bouleversant, limpide. Dans le rôle dHarvey Milk, Sean Penn fait oublier que Sean Penn incarne Harvey Milk. Une prestation aussi discrète que stupéfiante du point de vue du mimétisme. A un film historiquement et sociologiquement aussi important, il fallait un solide accompagnement en DVD et Blu-ray. Les récits des témoins du drame, damis dHarvey Milk Des bonus effectivement présents dans lédition simple du premier support numérique. Dabord au travers de lintervention de proches tels que Cleve Jones, Anne Kronenberg, Daniel Nicoletta, Carol Ruth Silver et Frank Robinson, conseillers qui interviennent également, auprès de plusieurs anonymes, dans un sujet voisin plus particulièrement branché sur la reconstitution dépoque, notamment des manifestations, le tournage à San Francisco. Tous ou presque reprennent la parole dans le making-of, instrument dune promotion intelligemment conçue. Surtout intéressant à évoquer les méthodes de travail anticonformistes de Gus Van Sant et son implication lointaine dans une première tentative de mettre en scène Harvey Milk, bien avant que le scénariste Dustin Lance Black ne la réactive.Cinq scènes inédites figurent également au menu, dont une, assez marquante, où, maquillé en clown, Harvey Mike saute dans un tramway. Si lédition simple se tient déjà bien sur le plan des bonus, le collector le fait encore puisque le second disque affiche en programme principalement le long-métrage documentaire The Times of Harvey Milk, lune des sources principales dinspiration de Gus Van Sant. Un doc (indépendamment exploité par M6 plusieurs mois auparavant) qui charrie ses propres suppléments, dont une fin alternative, un retour sur le procès de Dan White (lassassin de Milk et de George Moscone, le maire de San Francisco), un autre sur les conséquences de son acte, un troisième commémoratif ainsi que la remise dun Oscar à ses auteurs.Lédition Blu-ray de Harvey Milk rassemble évidemment lensemble des bonus des éditions DVD et y ajoute encore une interview de Gus Van Sant, plus la conférence de presse de Sean Penn.

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