Parce qu'il est l'un des rares westerns à traiter du génocide indiens par les blancs, Navajo Joe devrait automatiquement emporter notre sympathie. Cependant loin de réitérer la réussite du crépusculaire Django, Sergio Corbucci ne semble pas convaincu de la force thématique de son histoire et ne propose en terme de mise en scène que le minimum syndical. Point ici de folie baroque mis à part la musique endiablée de Ennio Morricone (sous le pseudo Leo Nichols), où un choeur braille avec insistance le nom du héros. Que Corbucci se retrouve avec sur les bras cette endive sur pattes qu'est Burt Reynolds n'arrange il est vrai pas les choses. Pas un seul instant crédible dans la peau de ce personnage mû par un irrépressible désir de vengeance, il se fait littéralement voler la vedette par le cinglé Aldo Sambrell, alias Duncan, un chef de gang de scalpeurs de peaux rouges qui refuse d'accepter le sang indien coulant dans ses veines. Bien que pauvrement mis en images, le film s'avère réellement remarquable dans ses derniers plans lorsque, après son duel avec son nemesis, Navajo Joe se retrouve blessé au milieu du cimetière où est enterrée toute sa tribu. En l'affichant seul parmi les morts, Corbucci semble signifier le tragique acceptation par le héros de son destin funeste.

Retrouvez ci-dessous le test complet du DVD édité par Wild Side Video.

Sortie DVD : 25 Février 2009