Enfant, Sami Bouajila découvre le cinéma en compagnie de son père, d'origine tunisienne, et de son frère. Attiré très tôt par le métier d'acteur, il intègre le Conservatoire Régional de Grenoble et le Centre dramatique de Saint-Etienne, avant de jouer sur les planches du Shakespeare, du Marivaux ou du Koltès.En 1991, Philippe Galland le fait débuter au cinéma en lui confiant le rôle principal de La Thune, celui d'un ado de banlieue débrouillard et ambitieux. On le retrouve ensuite à l'affiche des Histoires d'amour finissent mal... en général, premier opus d'Anne Fontaine en 1993, et des Silences du palais de Moufida Tlatli, mais c'est dans Bye-bye de Karim Dridi en 1995 que le talent du comédien, entre douceur et intensité, éclate véritablement. S'il tente une incursion hollywoodienne avec Couvre-feu (1998), dans lequel il campe un terroriste palestinien traqué par Denzel Washington, l'acteur choisit le plus souvent de tourner avec de jeunes auteurs (Nos vies heureuses).En 2000, Sami Bouajila trouve des rôles marquants dans deux longs métrages salués par la critique : séropo optimiste dans le road movie gay Drôle de Félix, il incarne Jallel, le candide sans-papiers de La Faute à Voltaire, coup d'essai d'Abdel Kechiche. S'il interprète encore un garçon en galère dans Vivre me tue, l'acteur, refusant les clichés liés à la jeunesse immigrée, ne cesse d'élargir son répertoire : tendre amant dans La Répétition et Embrassez qui vous voudrez, travesti dans Change-moi ma vie, il passe sans complexe du film d'action (Nid de guêpes, 2002) au cinéma de Desplechin (Léo en jouant "Dans la compagnie des hommes"). Loin de renier sa culture, il participe à Indigènes, film de guerre sur les soldats nord-africains mobilisés en 1943, pour lequel il obtient en 2006 à Cannes un Prix d'interprétation partagé avec ses frères d'armes. L'année suivante, Bouajila, devenu un acteur de premier plan, se révèle aussi crédible en flic tourmenté chez Téchiné (Les Témoins) qu'en gangster dans le polar grand public Le Dernier gang.
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