Né en 1950 à Haïfa, Amos Gitaï démarre dès 1968 des études d'architecture en Israël, qu'il complètera plus tard à l'université de Berkeley, aux Etats-Unis. Il est encore étudiant lorsqu'il participe, en 1973, à la guerre du Kippour dans une section de sauvetage par hélicoptère et que son véhicule est touché par un tir de missile syrien. Cet évènement traumatique lui fait décider de se consacrer au cinéma et lui inspirera deux films : Kippour, souvenirs de guerre (1997) et Kippour (2000). En 1977, il commence à travailler pour la télévision israélienne. Celle-ci rejette La Maison (1981), que Gitaï montre néanmoins dans quelques festivals internationaux et qui lui bâtit une réputation. En 1982, le tollé provoqué par son documentaire Journal de campagne, tourné pendant la Guerre du Liban, l'oblige à quitter Israël; il s'installe alors à Paris, où il restera dix ans. Son exil forcé lui inspire des films sur le sujet, dont Esther (1985), présenté à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, et Berlin Jerusalem (1989). Entre-temps, il soutient son doctorat d'architecture à Berkeley. Suite à l'élection de Yitzhak Rabin comme Premier Ministre en 1993, Amos Gitaï rentre en Israël. C'est le début de la période la plus fertile de sa carrière, au cours de laquelle il signe de nombreux films et documentaires à connotation politique. En 1995, il réalise Devarim, première pièce d'une trilogie consacrée aux trois grandes villes israéliennes, où il retrouve les lumières et la géographie de Tel Aviv. Présenté au Festival de Venise, le film est suivi en 1998 de Yom Yom, consacré à Haifa, puis de Kadosh Sacre un an plus tard, centré sur Jérusalem et l'extrémisme religieux, et présenté en sélection officielle à Cannes.En 2001, Amos Gitaï retrouve les marches du Festival pour Kedma, qui remonte à la création de l'Etat d'Israël. Il quitte ensuite le contexte historique pour s'attacher à la chronique de la vie dans un immeuble (Alila, 2003) et aborder le thème de la traite des blanches (Terre promise, 2004). Il revient pour la quatrième fois sur la Croisette en 2005 en compétition officielle avec Free zone, pour lequel il réunit un casting israélo-américain avant d'élargir encore les frontières avec le film collectif Chacun son cinéma (2007) et Désengagement (2008), pour lequel il collabore notamment avec Juliette Binoche. Avec déjà près de quarante long-métrages à son actif, Amos Gitaï n'en finit pas de sonder l'Histoire du Moyen-Orient et sa propre biographie. Plusieurs rétrospectives lui ont déjà été consacrées de par le monde, notamment en Espagne, à Sao Paulo, au Lincoln Center de New-York, ou à Paris en 2003, où le Centre Pompidou organise une rétrospective intégrale.
Copyright © Allociné 2008.