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Biographie

Avec une mère critique de cinéma dans un journal local de l'Ohio, Jim Jarmusch s'affirme très tôt comme cinéphile. Déménageant pour New York à 17 ans, il y étudie la littérature à l'université de Columbia avant de partir un an à Paris, où il fréquente assidûment la Cinémathèque. De retour à New York, il s'essaie à la musique et à la poésie avant de s'inscrire dans la section cinéma de la New York University. Jarmusch finance son film de fin d'études, Permanent Vacation, avec l'argent d'une bourse destinée à payer ses frais de scolarité, ce qui lui coûte son diplôme, mais lui vaut d'être remarqué avant de se lancer dans son premier long métrage, Stranger than Paradise (1983), co-financé par Wim Wenders dont il fut l'assistant sur Nick's Movie. Présenté à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des Réalisateurs, ce road-movie contemplatif, tourné en noir et blanc, décroche la Caméra d'Or. Promu nouvelle coqueluche du cinéma indépendant américain, il revient sur la Croisette, mais cette fois en compétition, avec Down by Law, ou l'épopée drôle et absurde d'un trio de taulards, formé par deux Américains (Tom Waits et John Lurie, acteur fétiche et compositeur attitré) et un Italien (Roberto Benigni). Ce goût pour la confrontation des cultures se retrouve dans Mystery train (1989), film-puzzle qui croise les destins de personnages marginaux à Memphis, la ville d'Elvis Presley. Lui-même fan de rock, le cinéaste signe un documentaire sur une tournée de Neil Young et on retrouve régulièrement devant sa caméra Iggy Pop ou Tom Waits. Adepte du format court, il réalise en 1991 le film à sketches Night on Earth, qui relate cinq rencontres entre un chauffeur de taxi et un(e) passager(e), dans cinq villes du monde. De même, il tourne une série de courts métrages intitulés Coffee and cigarettes (qui seront regroupés en 2004) dans lesquels on retrouve, à travers des conversations absurdes et poétiques, son univers décalé et ses comédiens fétiches -l'un de ces films est couronné d'une Palme d'or en 1993. En 1995, Jim Jarmusch revisite le western avec Dead Man, une oeuvre onirique, présentée à Cannes, qui offre à Johnny Depp un de ses plus beaux rôles. Le cinéaste s'amuse ensuite à détourner d'autres codes, ceux du film de samouraï, en brossant le portrait d'un tueur à gages aux méthodes très traditionnelles (Forest Whitaker), en complet décalage avec le monde qui l'entoure : Ghost Dog : la voie du samourai (1999) bénéficie par ailleurs d'une BO qui fera date. Quinquagénaire à l'allure d'éternel adolescent, Jim Jarmusch signe en 2005 un road-movie mélancolique Broken flowers, avec Bill Murray dans le rôle d'un Don Juan vieillissant qui part à la recherche de son fils. Plus accessible que ses précédents films, cette comédie permet au cinéaste d'obtenir le Grand Prix du festival de Cannes.

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