Cadette d'une fratrie de cinq enfants, Sarah Polley est la fille d'un acteur et d'une directrice de casting. Après avoir fait ses débuts à l'écran à 5 ans dans One magic Christmas, une production Disney, elle campe en 1988 la fillette butée des Aventures du baron de Munchausen de Terry Gilliam. Devenue très populaire dans son pays grâce à son rôle dans Road to Avonlea, une série canadienne à succès, celle qui a perdu sa mère à 11 ans et quitté le domicile familial à 14 ans ne tarde pas à briser son image consensuelle en se consacrant, adolescente, à l'activisme politique. Sarah Polley accède à la reconnaissance internationale en 1997 grâce à De beaux lendemains de son compatriote Atom Egoyan (avec qui elle avait déja tourné Exotica), et dans lequel elle incarne, avec un subtil mélange de douceur et de lucidité, la seule survivante d'un accident de car. Bientôt dirigée par un autre illustre Canadien, David Cronenberg (eXistenZ en 1999), elle prend part à des oeuvres audacieuses et troubles comme Le Poids de l'eau de Kathryn Bigelow en 2000 ou le romantique Guinevere, affichant une prédilection pour les auteurs indépendants ( Winterbottom, Hal Hartley). Actrice exigeante, qui passe derrière la caméra en 1999 (Don't think twice, premier d'une série de courts métrages), Sarah Polley ne refuse cependant ni la comédie (Go de Doug Liman), ni le cinéma de genre, comme en témoigne sa participation à L'Armée des morts (2004), remake du film d'épouvante de Romero. Bouleversante en mère qui se sait condamnée par la maladie (Ma vie sans moi, une de ses prestations les plus remarquées, en 2003), la jeune femme au sourire mélancolique trouve logiquement sa place dans l'univers nostalgique de Wim Wenders (Don't come knocking, 2005).
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