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Belle toujours Critique

"Belle toujours" Critiques

Film
Belle toujours
Auteur
anonymous
Date
2007-04-11 01:00:47
Note
4/5 4 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

Présenté à Venise

Belle toujours a été présenté en Sélection officielle, hors compétition, à la 63e Mostra de Venise en 2006.

Alors voilà Oliveira

Michel Piccoli parle de sa collaboration avec Manoel de Oliveira : "N'est-il pas indiscret de parler de Manoel de Oliveira, cet homme secret ? De son oeuvre immense ? Un livre entier n'y suffirait pas. J'imagine toutes les vies de cet homme, multiples et étincelantes. Je devine des secrets que je ne révèlerai pas. Nous pourrions parler... De son autorité toujours malicieuse. De son oeil de lynx, de sa démarche d'athlète. Il sait être à la fois ange et démon. Des rires, des blagues, les forces de notre jeunesse éternelle. Un inquisiteur permanent. Austère, avisé, élégant, lumière et ombre à la fois. Le secret et le mystère d'Oliveira, je me contente de les effleurer, je parviens presque à atteindre leur grâce. Comme si nous étions complices. Je n'ouvrirai pas la boîte de Pandore des images passionnées de notre travail en commun. Je suis son collaborateur le plus discipliné ou le moins discipliné. Cela dépend. Merci Manoel.

Instincts basiques

Manoel de Oliveira évoque les tortueuses stratégies de ses personnages : “Dans mon film, Belle toujours, Séverine croit que son anomalie, plus que charnelle, est psychique dans la mesure où c'est l'esprit qui fait agir la chair, cette chair fatalement condamnée à disparaître dans la mort. La nature consubstantielle du corps qui devient matière le soumet à la mort (...) En se faisant chair, le Christ était condamné à la mort. Ainsi, tout comme Séverine ne recourt pas à la purification de son âme mais à celle de son esprit supposé immortel, Husson recherche le soulagement dans sa propre torture ou, mieux encore, en torturant l'autre et cherchant toujours en l'autre le plus torturé. Ici Séverine (...) Comme animal, l'homme se comporte de façon naturelle, grâce aux instincts (...) D'une certaine façon, on peut dire que Buñuel va chercher dans le surréalisme, c'est-à-dire, dans les instincts, son moyen de critiquer la réalité de la vie sociale courante. Ce qui le rend étrange, provocateur, parfois agressif et toujours très ironique."

De retour à la maison Oliveira

C'est la quatrième fois que Manoel de Oliveira dirige Michel Piccoli après Party (1996), Je rentre à la maison (2001) ou Miroir magique (2005, film inédit en France au moment de la sortie de Belle toujours). Le réalisateur retrouve aussi Bulle Ogier, vingt ans après Mon cas. Ajoutons que les autres comédiens du film, Ricardo Trepa, Leonor Baldaque et Julia Buisel sont des habitués du cinéaste portugais.

Sur les pas de Don Luis

Avec Belle toujours, Manoel de Oliveira s'est lancé, à 96 ans, un pari des plus audacieux : faire revivre deux personnages d'un chef d'oeuvre du cinéma, tourné quarante ans plus tôt : Belle de Jour de Luis Buñuel (Lion d'Or à Venise en 1967). Michel Piccoli y reprend son personnage de Husson mais, Catherine Deneuve n'ayant pas souhaité participer au film, Séverine a cette fois les traits de Bulle Ogier, une actrice qui n'est pas étrangère à l'univers de Buñuel : elle était (aux côtés de Piccoli...) l'une des héroïnes du Charme discret de la bourgeoisie.

Copyright © Allociné 2007.


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