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Bouquet final Critique

"Bouquet final" Critiques

Film
Bouquet final
Auteur
anonymous
Date
1969-12-31 23:00:00
Provenant de :
Allociné
Critique

Philippe Laudenbach remplace Jacques Sereys

Philippe Laudenbach a remplacé Jacques Sereys, initialement pressenti dans le rôle du général.

Le premier long métrage de Michel Delgado

Connu comme scénariste de L'Enquête corse et de L'Auberge rouge, Michel Delgado fait ici ses premiers pas de réalisateur. Ce dernier explique comment il a abordé ce passage derrière la caméra : "Bien que le passage à l'étape de la réalisation puisse paraître naturel, il n'était pas du tout prévu au départ. J'étais d'abord là pour l'écriture du scénario. Sylvie Pialat et Gaumont cherchaient quelqu'un pour réaliser. C'est Didier Bourdon qui, au cours d'une réunion, a demandé pourquoi je ne le mettrais pas en scène moi-même. Je suis devenu tout rouge et j'ai bégayé de surprise mais je dois avouer qu'au fond, sans l'avoir jamais formulé, cela me tentait. Sylvie Pialat a aussitôt rebondi et l'idée a fait son chemin. Didier, Sylvie, puis Gaumont, ont convaincu les partenaires financiers de me laisser réaliser bien que le projet ne soit pas du tout dans une économie de premier film. Nous avions vingt-sept décors ! Mais quand les choses doivent se faire, elles se font ! C'est grâce à Didier et Sylvie que je me suis retrouvé jeune réalisateur !"

Faire rire de bon matin

Le tournage a duré dix semaines et s'est déroulé principalement à Paris. Le fait que de nombreuses scènes soient jouées de bon matin n'a pas été sans poser quelques problèmes à Michel Delgado. "Il est très difficile d'être sur un plateau à huit heures et demi avec des comédiens et de leur dire "Faites-nous rire !, explique le cinéaste. Raconter une histoire drôle à neuf heures du matin n'est pas la même chose que de la raconter le soir à l'apéritif. Je me suis rendu compte que, d'un point de vue biologique, la comédie s'accommode mieux d'un "midi-vingt heures" ! Un très bon horaire. Les comédiens y sont meilleurs dans le registre de la comédie. Les muscles sont plus détendus, ils ont plus de mobilité."

Genèse du projet

C'est juste après la fin du tournage de L'Enquête corse que Michel Delgado, qui avait officié comme scénariste sur le film, fut mis en contact avec la productrice Sylvie Pialat grâce à Gaumont. Malgré leurs univers totalement différents, ils se sont rencontrés et le réalisateur a pu se rendre compte que la veuve de Maurice Pialat avait un grand sens de la comédie. "Elle m'a proposé les pompes funèbres comme sujet, se souvient le cinéaste. Cet univers a tout de suite trouvé un écho en moi, à la fois pour le potentiel de comédie et pour des raisons plus personnelles. J'arrivais au terme de douze années de psychanalyse et en apprenant que l'on me proposait ce sujet, mon thérapeute a beaucoup ri ! La mort n'est pas un sujet facile. J'éprouvais à la fois une appréhension et une attirance. C'était le destin !" Journaliste de formation, Michel Delgado a d'abord commencé par se documenter en profondeur avant de faire son travail de scénariste. Son enquête ne lui a rien épargné : les pompes funèbres, les chambres froides, les fabriques de cercueils, les cimetières, les fours crématoires... "Un vrai parcours initiatique, ironise le metteur en scène. Quel que soit le sujet sur lequel j'écris, poursuit-il, j'emploie toujours la même méthode de documentation parce qu'une comédie doit s'ancrer dans la réalité pour être plus juste. Je suis donc allé à la pêche aux anecdotes, à la recherche d'ambiances, j'ai observé les costumes, les comportements et bien sûr, les rapports avec le client."

Note d'intention

Pour ce film, Michel Delgado avoue qu'il n'était pas dans une approche anglo-saxonne, plus trash, où chaque situation est poussée à son extrême, mais sur un axe français, plus cartésien, avec la volonté de décrire une réalité sans chercher de situation excessive. "Le film devait être accessible, humainement impliquant, sans se réduire à une suite de gags morbides, explique le cinéaste. Les pompes funèbres sont le contexte du film, mais son coeur est ailleurs, dans des personnages qui eux sont bien vivants. C'est leur parcours dans cet incroyable milieu, leurs rencontres, leur évolution et leurs aventures qui sont le moteur du film."

Copyright © Allociné 1969.


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