Recevoir les informations de Yahoo! Entertainment sur votre mobile En savoir plus
Pour travailler le bégaiement de son personnage, Anne Coesens a rencontré des spécialistes et des malades. "Il faut savoir qu'il n'y a pas un bégaiement type, générique : aucun ne se ressemble, confie le cinéaste. Il a donc fallu trouver le bégaiement propre à Eve. On voulait que son bégaiement soit plus "douleur" que "court-circuit", qu'elle bloque plus qu'elle ne bégaie, qu'elle ait du mal à cracher le morceau et non pas qu'elle reste coincée dans une répétition de syllabes qui aurait inévitablement fait rire ou irrité le spectateur."
Selon Olivier Masset-Depasse, "Anne Coesens conçoit son métier comme un défi à relever." "Elle aime le danger, commente le réalisateur. Moi aussi. C'est ce qui nous lie. Nous travaillons ensemble maintenant depuis une dizaine d'années. Au fil du temps, nous avons développé une technique personnelle qui nous permet aujourd'hui une compréhension mutuelle assez rare. Anne est mon alter ego féminin au cinéma. Ecrire des rôles de femmes me permet de mieux me cacher derrière, tout en en dévoilant plus sur moi-même."
Sur le tournage, Olivier Masset-Depasse a essayé de guider de son mieux les acteurs. "J'aime beaucoup participer à l'élaboration de leur personnage, confie-t-il. Durant les trois mois qui précèdent le tournage, on se voit le plus souvent possible et on lit, on parle, on cherche, on interprète, on improvise, on ressent... Pour moi, il est primordial que les acteurs connaissent, ressentent, "maîtrisent" leurs personnages avant le premier clap. Sur le tournage, ils sont plus sereins, plus libres, et ils peuvent creuser plus loin. Ce n'est qu'en connaissant bien sa monture qu'on peut lâcher les rênes."
Olivier Masset-Depasse explique sa notion de cinéma : "J'aime les films "complets", réfléchis (pas intellectuels), où l'on sent que le réalisateur et son équipe ont tout travaillé en profondeur au service de l'histoire. Pour moi, le cinéma est sensoriel et organique. Il doit donc faire vibrer les sens. J'aime les films où l'image, le son, etc... vous plongent plus loin dans la subjectivité du héros et vous permettent de mieux comprendre son intériorité. J'essaie de me rapprocher de ce cinéma-là. Mon équipe et moi travaillons cadres, lumières, sons, montage, etc... à chaque fois comme des reflets de la psychologie du personnage principal."
Désirant un film à la fois proche et étrange, Olivier Masset-Depasse souhaitait traiter cette histoire d'amour avec une énergie décalée. "Je l'ai donc "épicé" avec des ingrédients provenant de genres différents : de l'action, du suspense, de l'incongru, de l'onirisme, confie le cinéaste. Tous au service d'une même cause : pouvoir mieux plonger dans la tête des protagonistes, mieux ressentir leur intériorité, et ce, sans devoir psychologiser à outrance. Je peux me tromper, mais je sens que l'aboutissement de mon univers se trouve dans un certain mélange des genres. Je dirais donc de Cages que c'est "un drame romantique décalé et onirique"."
Copyright © Allociné 1969.