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Cowboy Critique

"Cowboy" Critiques

Film
Cowboy
Auteur
anonymous
Date
2007-12-05 01:01:36
Note
3/5 3 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

Benoît parle de Benoît

Benoît Mariage, le réalisateur de Cow boy, évoque le personnage joué par son compatriote Benoît Poelvoorde : "Je voulais que le type qui cherche à retrouver les protagonistes de cette prise d'otage soit un vrai has-been. Une sorte de journaliste ringard, un peu trotskyste, un peu paumé, comme il y en avait beaucoup à la télé publique belge. J'imaginais donc ce vieux militant, mal à l'aise dans sa vie, qui fait une émission "à la con" et qui voudrait se réhabiliter en faisant un documentaire. C'était une manière d'élargir le personnage à la crise profonde qu'il traverse. Une sorte de crise de la quarantaine où toutes ses conquêtes extérieures ne le satisfont plus ; crise qui l'incite à partir à la conquête de lui-même. C'est d'ailleurs pour moi le coeur du sujet de Cow boy." (...) Daniel Piron c'est un Don Quichotte. Il a un élan. Même s'il est maladroit. Il ne trouve pas sa place, il est considéré comme un ringard. Comme Don Quichotte aurait pu l'être."

Un film charnière pour Benoît Poelvoorde

Pour Benoît Poelvoorde, Cow boy représente un vrai virage, aussi bien au niveau professionnel qu'au niveau personnel. Il explique : "À mon sens, c'est l'un des plus beaux rôles que j'ai eu à jouer et le plus beau film que j'ai fait. (...) Il y a un constat général sur l'agonie de la gauche et une réflexion plus intime sur l'individu face à ses échecs. Les deux se rejoignent sur la nécessité de s'interroger sur ses erreurs, de les affronter et d'apprendre à lâcher prise pour s'émanciper de l'échec et continuer à avancer. Personnellement, je ne savais pas à quel point tourner ce film il y a deux ans allait avoir une résonance sur ma vie actuelle. (...) Je pensais que j'étais capable de faire Astérix aux Jeux Olympiques ou Les Randonneurs à Saint-Tropez sans que ça m'atteigne, que j'étais lucide sur les dangers du métier et en fait, je suis allé droit dans le mur. (...) Tout en m'en défendant, j'ai perdu le contact avec la réalité et j'ai fait passer le cinéma avant ma vie. Avoir fait de grosses machines de guerre me donne envie de faire des films comme C'est arrivé près de chez vous ou Cow boy."

Un film en forme de thérapie

Le long-métrage Cow boy a agit comme une thérapie pour l'acteur Benoît Poelvoorde, qui a vu le film comme un miroir de sa propre existence. Il revient sur cette expérience personnelle très forte qui l'a profondément bouleversé : "L'artiste a besoin de ces remises en question, mais les connaissances qu'elles impliquent font peur et super mal. C'est pour ça que, lorsque j'ai vu Cow boy, un an et demi après l'avoir tourné, j'étais estomaqué, effondré, en larmes. Il m'a fallu une demi-heure pour m'en remettre. Je l'ai pris en pleine face alors qu'au moment du tournage, je n'aurais jamais imaginé ressentir ce que Daniel Piron ressent. Tout d'un coup, j'ai découvert ma propre défaite à l'image... mais je n'ai rien vécu de plus salvateur."

Une comédie profonde

Benoît Poelvoorde insiste sur le fait que Cow boy n'est pas une comédie dans le plus pur sens du terme : "J'avais prévenu le réalisateur Benoît Mariage que me prendre sur Cow boy pouvait lui porter préjudice au moment de la sortie, parce que les gens risquent d'attendre une grosse pantalonnade, alors que c'est un film profond. Néanmoins, je ne pense pas que ma présence ait dénaturé son film..."

Gilbert Melki, l'anti-Poelvoorde

Benoît Mariage évoque en quelques mots le choix de l'acteur Gilbert Melki pour incarner le personnage du preneur d'otage Tony Sacchi dans Cow boy. "Je voulais l'opposé de Benoît Poelvoorde : un type latin, très sanguin, très intuitif", explique le cinéaste belge. "Dans mon esprit, il fallait que ce soit un Italien. J'ai longtemps cherché en Belgique, sans trouver, donc je me suis tourné vers la France et vers Gilbert Melki que je trouve impeccable dans le costume. En Belgique, on va peut-être me reprocher qu'il n'ait pas assez d'accent, mais je crois que son jeu dépasse ce petit litige. Il a une forme de puissance assez animale et en même temps, il peut avoir une gueule de "faux-cul" pas possible. Face à Benoît, la dynamique de l'opposition fonctionne super bien."

Copyright © Allociné 2007.


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