Recevoir les informations de Yahoo! Entertainment sur votre mobile En savoir plus
Si l'on s'intéresse à l'étymologie du terme "mélodrame", on retrouve alors melos et drama. Autrement dit : musique et drame. Douglas Sirk a quelque chose du chef d'orchestre qui dirige toutes sortes d'instruments, toutes sortes de matériaux, pour obtenir le faste d'une mise en scène toujours somptueuse. Ecrit sur du vent, comme ces autres grands films, a un tempo très travaillé, entre mouvements et pauses, tout converge vers un point de raliement mais le film saît aussi faire la place à la sobriété quand l'intimité de certaines séquences est nécessaire.
Douglas Sirk est toujours aujourd'hui le cinéaste le plus emblêmatique du genre mélodramatique. Un genre qui prête parfois à sourire mais qui a acqui ses lettres de noblesse grâce au grand talent de cet immense cinéaste. Sirk est le prince du mélodrame et Ecrit sur du vent est une de ses plus belles oeuvres. Tout ce qui caractérise son style est présent. A savoir, une histoire ancrée profondément dans le réel mais qui tend sans cesse vers la démesure, vers l'outrance. Son cinéma tient de l'exacerbation, à la fois des sentiments des personnages, de la profusion des symboles et du maniérisme du cinéaste qui pousse le classicisme hollywoodien à sa limite. Dans chaque plan d'Ecrit sur du vent, un souffle lyrique semble emporter tous les personnages vers leur destin.
Ecrit sur du vent a eu trois nominations aux Oscars 1957 et est reparti avec une statuette. C'est Dorothy Malone qui a été l'heureuse gagnante de l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa superbe interprétation du personnage de Marylee Hadley. Cette année là, Robert Stack a également été nommé dans la catégorie second rôle masculin, remporté par Anthony Quinn pour La Vie passionnée de Vincent Van Gogh de Vincente Minnelli. Enfin, Victor Young (musique) et Sammy Cahn (paroles) complètaient les nominations en ayant concourru pour l'Oscar de la meilleure chanson originale, étonnament nommée "Written On The Wind". Le prix alla alors à Jay Livingston et Ray Evans pour la chanson "Que Sera" que l'on peut entendre à de nombreuses reprises dans L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock.
De 1953 à 1959, Douglas Sirk a réalisé ses six films les plus célèbres pour les studios Universal en collaboration avec les producteurs Ross Hunter et Albert Zugsmith. Le premier film à voir le jour de cette fructueuse collaboration est Le Secret magnifique, suivi de Tout ce que le ciel permet. Ensuite le cinéaste allemand enchaînera avec La Ronde de l'aube et Ecrit sur du vent. Enfin, il tournera successivement Le Temps d'aimer et le temps de mourir et Mirage de la vie.
Le réalisateur Douglas Sirk n'était pas du genre a alimenter toutes les discussions autour de l'importance du fond sur la forme ou inversement. Il prônait une parfaite adéquation entre l'aspect visuel et l'aspect narratif et n'hésitait pas à affirmer : "Le fond, c'est le style. Les cadrages sont les pensées du réalisateur. L'éclairage est sa philosophie." Toutes les possibilités du langage cinématographique sont utilisées pour nourrir le film. Les corps des acteurs, la couleur, la lumière, la perception de l'espace, les décors eux-mêmes sont au service de la cohérence de l'oeuvre, de sa parfaite organisation.
Copyright © Allociné 2008.