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Avec Faubourg 36, le réalisateur Christophe Barratier retrouve Gérard Jugnot et Kad Merad, ses deux comédiens vedette des Choristes.
Le réalisateur Christophe Barratier explique comment, après l'énorme succès des Choristes (8,5 millions d'entrées dans l'hexagone), il s'est lancé dans l'aventure de Faubourg 36. "Dans un premier temps, je pensais qu'il ne fallait pas me précipiter", explique-t-il. "J'ai commencé par refuser tout ce qu'on me proposait, y compris des Etats-Unis. C'était facile : rien ne me tentait vraiment. Je n'ai pas écouté les conseils qu'on me donnait, pourtant de bonne foi et avec de bonnes intentions : il me fallait casser l'image donnée par Les Choristes, faire un thriller ou un film interdit au moins de 18 ans, il ne fallait surtout pas qu'il y ait de la musique et des chansons et encore moins que je retravaille avec Jugnot... Mais la seule question qui m'intéressait était : "Pourquoi ferais-je autre chose que ce dont j'ai vraiment envie ?" Après un film qui était une adaptation, je savais que mon salut viendrait d'un script original, de ma capacité à écrire moi-même une bonne histoire. Le meilleur moyen pour se libérer de la pression c'était de suivre ce qui m'anime, de chercher un sujet et des personnages qui m'excitent, dans lesquels je pourrais me retrouver - il ne faut pas avoir peur de se ressembler."
Avec Faubourg 36, le réalisateur Christophe Barratier persiste et signe dans un cinéma populaire. Il explique "sa" conception du cinéma : "Je voulais réaliser une histoire universelle dans laquelle chacun pourrait se reconnaître sans avoir nécessairement besoin de connaître l'époque. Je suis irrésistiblement attiré par les grandes et belles histoires et n'arrive pas, en tant que cinéaste, à m'intéresser aux petites choses de la vie réelle, de la vie quotidienne. J'assume le fait de concevoir un cinéma romanesque, sentimental, fictionnel, loin d'un certain cinéma vérité, que j'aime par ailleurs, comme spectateur. Je veux raconter des histoires plus belles que la vie... ou carrément plus dures. En tous cas, extrêmes. Je suis quelqu'un de sentimental, qui aime vivre des émotions et les faire partager. Avec ce projet s'offrait la possibilité de faire coexister plusieurs formes cinématographiques : le film noir, la comédie, la comédie dramatique et la comédie musicale. Et faire en sorte qu'on passe de l'un à l'autre. C'était là le défi. Peindre une petite fresque, à la manière d'un conte."
Christophe Barratier, le réalisateur de Faubourg 36, compare Pigoil, le personnage joué par Gérard Jugnot, à ceux qu'interprétaient Bernard Blier ou Jack Lemmon. Il place ensuite le personnage de Jacky Jacquet, joué par Kad Merad, dans la tradition des grands excentriques interprétés par Jean Tissier, Robert Le Vigan ou Carette. Enfin, il voit Milou, le personnage de Clovis Cornillac, comme une sorte de Jean Gabin.
Christophe Barratier raconte sa reconstitution de l'époque, le milieu des années 30, après l'élection du gouvernement de Front Populaire, à travers le portrait d'un faubourg populaire du nord de Paris : "Puisqu'on recréait le faubourg, on se devait de récréer les chansons. Quitte à recréer un univers, autant aller jusqu'au bout. De la même manière, je n'ai pas repris les noms de vrais partis politiques de l'époque, à l'exception évidemment du Front Populaire. J'ai inventé le nom du parti d'extrême droite, le S.O.C. [Solidarité Ordre Combat] et la CGT est simplement évoquée par le nom de Syndicat. Même si je voulais rendre le contexte de l'époque - dont certaines des préoccupations ne sont pas sans écho avec ce qui se passe aujourd'hui : le pouvoir d'achat, la défense de l'emploi, la xénophobie ambiante ; même si je voulais montrer qu'au moment où les Français goûtaient à de nouvelles libertés, naissaient les ferments de la guerre qui allaient déchirer le monde trois ans plus tard - même si je voulais qu'on sente le drame se profiler sans l'évoquer frontalement, montrer que le 14 juillet 1936 les Français dansaient au bord du volcan - mon propos n'était pas de faire une chronique historique mais une chronique de la vie quotidienne. De la grande Histoire devait naître de petites histoires."
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