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Portrait de star

Guillaume Canet

GUILLAUME CANET- Retour à la biographie

Fort du succès de Mon Idole, Guillaume Canet repasse derrière la caméra pour la réalisation de Ne le dis à personne, tiré du best-seller de Harlan Coben (traduit en 27 langues et vendu à plus de 6 millions d'exemplaires dans le monde). Il en a également écrit l’adaptation avec Philippe Lefebvre, déjà coscénariste de Mon Idole.

Il s’agit de votre deuxième long métrage et de votre première adaptation : pourquoi ce roman en particulier ?
Qu’il s ’agisse des bouquins qu’on avait pu me proposer ou des idées personnelles que j’avais, je n’étais jamais assez enthousiaste, assez passionné, pour rentrer dans la machine infernale de la réalisation : l’écriture, la préparation, le tournage… cela demande deux ans de votre vie. Au moment où j’avais enfin une idée, je suis tombé sur Ne le dis à personne et pour la première fois, je me suis approprié cette histoire. Il y avait une multitude de personnages forts, ce qui m’allait bien puisque j’ai un défaut : à chaque fois que je croise un acteur ou une actrice qui me séduit, j’ai envie de travailler avec lui ou elle. Cette fois, je pouvais offrir plein de rôles ! J’ai aussi aimé la multitude des genres : thriller, amour, suspense… et j’ai très vite repéré ce que je voulais modifier dans les personnages pour apporter le petit ton décalé qui m’intéressait, par exemple, les tocs de Berléand. C’était vraiment la première fois que je lisais quelque chose qui n’était pas de moi et que je pouvais m’imaginer réaliser. En lisant le roman, je voyais les images, je savais exactement comment je voulais le réaliser et, une fois le scénario écrit, au moment de tourner, j’ai essayé de ne jamais quitter cette ligne directrice, de rester fidèle à la première émotion que j’avais eue.

Le fait d’adapter un roman entraîne-t-il des contraintes particulières à l’écriture ?
Je ne me suis imposé aucune contrainte, j’ai expliqué tout de suite à Harlan Coben pourquoi et comment je voulais adapter son roman. Je crois que c’est ce qui l’a séduit : il n’était pas du tout content de l’adaptation américaine, ils avaient modifié énormément de choses. Moi aussi, j’ai notamment changé la fin, mais il a adoré ces modifications. Il était très ému et m’a dit que chaque changement apportait quelque chose de plus que dans le bouquin ! Il était très important pour moi que Harlan aime le film. Avec Philippe Lefebvre, avec qui j’ai coécrit le scénario, on a à chaque fois choisi ce qu’il y avait de plus juste et de plus crédible pour les personnages comme pour l’intrigue. Les seules contraintes découlaient de l’histoire en elle-même : il y avait des choses trop facilement résolues dans le bouquin, qui n’étaient pas faisables au cinéma, par exemple un personnage qui dit « j’ai eu vent de »…Au cinéma c’est impossible, il faut se montrer plus concret, et donc modifier certains éléments de l’intrigue. Pour le reste, je me suis offert pas mal de libertés, j’ai changé beaucoup de choses, comme le personnage de Zach, la femme tortionnaire qui remplace l’Asiatique du bouquin. Je trouvais qu’on avait trop souvent vu ce type de personnage au cinéma. Une femme est plus surprenante dans ce rôle : une femme torturant une autre femme, cela me paraît beaucoup plus impressionnant…

On a le sentiment que vous avez renversé les règles du genres : au lieu d’avoir une histoire d’amour qui vient s’ajouter au polar, c’est l’histoire d’amour qui prime dans le film, le thriller passant presque au second plan…
C’était ma vraie volonté depuis le début, c’est d’ailleurs ce que j’ai expliqué à Alain Attal mon producteur. Je lui ai dit que si cela m’intéressait de faire ce film, c’était pour l’histoire d’amour. Du coup, je ne voulais pas le filmer comme un thriller : je voulais qu’il fasse beau, que cela se passe en été, que les lumières soient magnifiques, bref, que cela n’ait rien à voir avec les thrillers dans lesquels il pleut sans arrêt, et dans lesquels personnages et musique sont sinistres. Je voulais au contraire un décalage total entre ce que vit Alex et ce que vivent les gens autour de lui à ce moment là. Ils sont en terrasse, ils s’amusent, il y a une décontraction totale dans l’air. C’est l’été, les gens sont en vacances…Je trouvais plus intéressant que l’univers dans lequel il progresse soit en contradiction complète avec son émotion et ce qu’il ressent.

A propos de musique, de la même façon, la sobriété de la guitare de –M- tranche avec des musiques additionnelles beaucoup plus sentimentales…
Ce qu’il faut savoir, c’est que la musique a été faite en une journée, c’était le parti pris avec Matthieu Chedid : quand je l’ai appelé, je savais que je voulais quelque chose de très épuré. Les morceaux additionnels étaient présents dès l’écriture mais j’avais mis longtemps à comprendre ce que je cherchais pour la bande originale : quelque chose de très cérébral, une musique qui suivrait ce personnage solitaire, d’où une simple guitare, électrique pour le côté distordu. Matthieu m’a d’abord dit qu’il était désolé, qu’il n’avait pas le temps - il se voyait parti dans un long enregistrement. Mais je l’ai convaincu en lui expliquant le principe, qui l’a beaucoup séduit : faire la même chose que Ry Cooder dans Paris Texas, c’est-à-dire le faire jouer en live sur le film, en impro totale. Je lui ai donc montré le film en studio, il s’est assis et il l’a découvert en jouant. La musique que vous entendez vient de cette prise unique, tout a été fait en une journée, à l’instinct, avec le génie et le talent de Matthieu. Et ce qui est extraordinaire, c’est que la musique fait partie intégrante du film, on la relève à peine et c’est ce qui importe le plus : qu’elle fasse partie de l’émotion sans être omniprésente. C’est l’une des plus belles rencontres artistiques de ma vie.

C’est aussi pour son instinct que vous avez choisi François Cluzet ?
Oui, cela fait des années que je suis fan de lui et comme pour François Berléand à l’époque, je trouvais qu’il ne travaillait pas assez. Je voulais quelqu’un comme lui, qui ait la justesse et la vérité de Dewaere, un acteur à vif : Francois ne joue pas les choses, il les vit. Le film était pour François Cluzet, quand je le regarde aujourd’hui, je ne vois pas d’autres acteurs que lui pour tenir ce rôle. Je lui serai éternellement reconnaissant de l’énergie qu’il a déployée sur ce film, de sa patience, sa gentillesse et sa disponibilité à toute épreuve. A 5 heures du matin, il se jetait nu dans un lac alors qu’on était tous en doudoune, puis je l’ai fait courir pendant 10 jours… il ne s’est jamais plaint. C’est aussi quelqu’un qui arrive à faire passer des choses incroyables dans un simple regard. Quand il voit Margot sur Internet, c’est un plan fixe, il ne bouge pas son visage, mais on voit tout passer dans son regard : la surprise, le doute, la suspicion et la peur. Pour moi, c’est énorme. François est toujours juste, très à l’écoute, il m’a fait une confiance gigantesque. Globalement d’ailleurs, je dois dire que je n’ai eu que des stradivarius sur ce film, tous m’ont fait une énorme confiance : la direction d’acteurs est l’une des choses que je préfère dans la mise en scène.

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A PROPOS DU DVD

DVD Ne le dis à personne NE LE DIS A PERSONNERéalisé par Guillaume CanetAvec François Cluzet, Marie-Josée Croze, André Dussollier, Kristin Scott Thomas, François Berléand, Nathalie Baye et Jean Rochefort.Sortie le 27/06/07Bonus : Making of, scènes coupées, M en concert, documentaire inéditDurée : 100 minutesFormat image : 16:9 compatible 4/3

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PORTRAIT DE STAR : GUILLAUME CANET

Guillaume Canet

Récompensé comme meilleur réalisateur à la dernière cérémonie des César pour son adaptation du roman d'Harlan Coben, le réalisateur/acteur a démontré qu'il était aussi le fier représentant de la nouvelle génération d'artistes français

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AFFICHE DU FILM

Ne le dis à personne

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