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David Cronenberg avoue avoir été étonné par le degré d'implication de Viggo Mortensen dans le projet. L'acteur, qu'il a rencontré au Festival de Cannes en 2001 lors d'une fête donnée pour Le Seigneur des anneaux, a par exemple apporté sur le plateau différents objets qu'il avait achetés lors de ses voyages, comme la tirelire en forme de tête de poisson qu'on voit sur la caisse du restaurant ou les sculptures d'animaux qui décorent la chambre de sa fille. "C'est un maniaque du détail, ce que j'apprécie beaucoup", confirme le réalisateur, qui ajoute : "Viggo a vraiment tenu un rôle actif dans la création de son personnage, jusqu'à son environnement. Je n'avais jamais vu ça !"
Maria Bello, dont David Cronenberg avait particulièrement apprécié la prestation dans Lady chance, parle de son personnage, Edie Stall, une "ancienne reine de promo devenue une avocate respectée et influente" (selon les termes du réalisateur) : "Elle est en fait presque plus l'homme de la famille que Tom. Elle a une énergie presque masculine, elle prend les choses en main. C'est elle qui gère. Puis les choses changent, elle est forcée de revenir à une place féminine plus réceptive, plus vulnérable. Dès que j'ai trouvé ce glissement, j'ai commencé à voir les choses différemment, j'ai trouvé une perspective nouvelle."
A propos du traitement de la violence, l'auteur de Crash précise : "Dans ce film, je voulais que la violence soit réaliste, brutale. J'ai recherché la brutalité et le genre de violence que l'on verrait vraiment dans, disons, un combat de rue : maladroite, tout sauf chorégraphiée, en recherche permanente d'efficacité -l'opposé des séquences esthétisantes que l'on voit souvent au cinéma. L'acte de violence que commet le personnage principal est justifiable. Tom Stall est contraint d'employer la violence, il n'a pas d'autre alternative. En même temps, on ne cache pas que la violence qu'il commet a des conséquences lourdes. Je veux faire passer l'idée que la violence est une chose mauvaise mais une part très réelle et inévitable de l'existence humaine. Je ne m'en détourne pas. On peut dire cependant que ce n'est jamais une chose séduisante."
History of violence a été tourné pendant douze semaines entre septembre et novembre 2004 à Toronto, ville natale de David Cronenberg, et dans des lieux environnants, en particulier, Millbrook, dans l'Ontario, une petite ville typique du style architectural du XIXe siècle. Ajoutons que le cinéaste a choisi de tourner une grande partie du film avec un objectif de 27mm : "Cela donne des plans larges, ce n'est pas l'objectif qu'on emploie normalement pour les gros plans", mais, justifie-t-il, "j'ai essayé de trouvé un équivalent visuel à la psychologie des personnages, à la dynamique des pièces et à la manière dont les personnages occupent l'espace."
Contrairement à ce que pourraient penser des spectateurs non-anglophones en lisant le titre, le film ne retrace pas l'Histoire de la violence à travers les siècles. En anglais, "to have a history of violence" est une expression qui signifie "avoir un passé violent".
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