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Après la remise du prix d'interprétation collectif lors du dernier festival de Cannes, les hommages et les messages de félicitations se sont multipliés, notamment celui du premier des Français, le Président de la République, Jacques Chirac. Publié sur le blog de Bernard Blancan, en voici quelques extraits : "Je vous adresse toutes mes félicitations pour cette distinction qui rend hommage à vos talents d'acteur, dans un long métrage mettant à l'honneur les combattants de l'Armée d'Afrique lors de la dernière guerre. Indigènes porte un message fort de courage, de fraternité et d'un destin commun tissé de part et d'autre de la Méditerranée entre la France et des pays qui ont partagé un temps une histoire et un espoir communs".
Ce titre a été choisi durant la phase de recherches et de documentation entamée par Rachid Bouchareb, comme il l'explique lors de la conférence de presse cannoise : "Durant la phase de recherche et de documentation, le film ne disposait pas de titre. En rencontrant ces gens qui avaient participé à cette guerre, je me suis rendu compte qu'une citation revenait souvent dans leurs paroles, celle de "soldat indigène". Ce titre, je ne l'ai pas choisi, il s'est imposé à moi. Ce titre renvoie également "au code "Indigena" qui a été établi en Algérie en 1881 et qui définissait l'indigène comme une personne native de son pays mais n'ayant pas les mêmes droits qu'un citoyen normal. C'était en quelque sorte un demi-citoyen qui n'avait pas de perspectives d'avenir", comme l'explique Sami Bouajila, lors de cette même conférence.
En plus d'être crédité au générique du film en tant que producteur associé, via sa société La Petite Reine, Thomas Langmann joue dans ce film le rôle du journaliste-photographe chargé de retranscrire le déroulement des combats.
Au début des années 60, alors que la décolonisation se termine, la France gèle, à leur niveau de 1959, les retraites et les pensions d'invadilité versées aux anciens combattants de son ex-Empire colonial. Il en résulte une situation très inégalitaire vécue avec amertume par les anciens combattants du Maghreb et d'Afrique noire, dont les pensions peuvent être jusqu'à dix fois moins élévées que celles des anciens combattants français. Depuis 2001, et l'arrêt du Conseil d'Etat qui donne raison à Amadou Diop (un ancien tirailleur) à titre posthume afin que l'Etat français lui verse la totalité de sa retraite, les gouvernements successifs se sont engagés à verser aux 80000 anciens combattants de l'ex-Empire colonial français. Le montant total de la somme qui leurs est due est de 1,85 milliards d'euros. Le 13 août 2004, un communiqué du ministère français délégué aux anciens combattants annonce qu'une somme de 120 millions d'euros est prévue pour les dédommagements. Les hommages se multiplient, notamment celui de Jacques Chirac le 15 août 2004, lors de la commémoration du débarquement en Provence, mais la question de la "cristallisation" des pensions n'est toujours pas réglée. Le président de la République, ému et touché lors de la projection du film Indigènes, a décidé d'abolir les discriminations entre les anciens combattants. Il avait d'ailleurs rappelé lors de son discours du 14 juillet qu'il "[fallait] poursuivre" le dégel des pensions. La décision d'abolir les discriminations devrait être introduite dans le projet de loi de finances 2007, via un amendement.
Dès le départ du projet, le réalisateur Rachid Bouchareb voulait un film retraçant l'histoire de plusieurs personnages. En créant ces différents rôles, le metteur en scène n'a pas écrit de personnage précis pour chaque comédien :"Je voulais me sentir libre au moment de l'écriture. Jamel aurait très bien pu jouer Abdelkader. Je ne voulais pas de contrainte et les rôles étaient interchangeables". Seuls les rôles de Yassir et du Sergent Martinez n'auraient pu être échangés, le premier car il voulait que le personnage ait les yeux clairs (comme Samy Naceri), le second car il souhaitait un pied-noir.
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