Jacquou Le Croquant est l'adaptation cinématographique du roman homonyme d'Eugène Le Roy. C'est avec cet ouvrage initialement publié en feuilleton dans La Revue de Paris sous le titre La Forêt Barade en 1899, que l'auteur accède à la notoriété. Plus qu'un simple roman "régionaliste" ou "champêtre", Jacquou Le Croquant revendique et possède en effet une dimension plus large. En plus d'une description fine et fidèle des us et coutumes paysannes au début du XIXème siècle en Périgord et de la société provinciale de la Restauration, et au-delà d'un certain "folklore", c'est un roman de dénonciation sociale, une oeuvre militante qui stigmatise le retour à l'Ancien Régime, le pouvoir discrétionnaire du Roi et de l'aristocratie, l'influence des religieux... et plaide pour l'égalité et la justice républicaine.
Avant d'être un film, Jacquou Le Croquant a été une série télévisée diffusée pour la première fois avec succès durant l'automne 1969. Ce feuilleton en six épisodes a été produit par l'ORTF et réalisé par un spécialiste de l'histoire à la télévision, Stellio Lorenzi (1921-1990), également complice d'Alain Decaux et André Castelot pour l'émission La Caméra explore le temps. Le rôle de Jacquou enfant était alors joué par Eric Damain.
Pour assurer le bon déroulement de la préparation et du tournage, le créateur des costumes Jean-Daniel Vuillermoz a travaillé en collaboration avec la chef costumière Séverine Demaret. A eux deux, ils ont fabriqué 500 costumes complets pour la figuration et 100 pour les rôles, ce qui représente près de 4 000 pièces de vêtements. Ils ont requis l'utilisation d'environ 10 000 mètres de tissu, et 10 mois de préparation et de réalisation.
Avant d'entamer la construction des décors, l'architecte Christian Marti et le réalisateur Laurent Boutonnat ont procédé à un gros travail de références iconographiques. C'est d'abord et surtout de la peinture de l'époque dont ils se sont inspirés, car les représentations graphiques dont ils disposaient sur la période étaient essentiellement la peinture et la gravure. La première référence, sur la recommandation du cinéaste, a été Jean-François Millet, peintre des paysans. Sont venus s'y ajouter d'autres artistes de l'époque, notamment des peintres russes tel Ilia Répine, qui ont eux aussi beaucoup représenté les milieux ruraux et la misère paysanne. Rembrandt, bien qu'appartenant au XVIIème siècle, les a également beaucoup aidés pour les intérieurs et la qualité des lumières.
Au départ, il était question que Jocelyn Quivrin incarne le personnage de Jacquou, malheureusement, du propre aveu de l'acteur, ce rôle ne l'intéressait pas du tout. Le comédien s'en explique : "Il se trouvait que je sortais d'une expérience qui avait été très captivante, très prenante, forte humainement - L'Empire des loups - et je n'étais pas prêt à enchaîner avec un projet sur lequel je sentais que j'aurai du mal à trouver ma place." Laurent Boutonnat lui a alors proposé de jouer le Comte de Nansac en faisant le choix de rajeunir le personnage. Les deux hommes ont rapidement convenu de faire des essais maquillage et coiffure avec Didier Lavergne, essais qui se sont avérés concluants. "Je n'en revenais pas, raconte Jocelyn Quivrin. C'est quand même rare de tomber sur quelqu'un prêt à faire de tels paris !"
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