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Crédité au générique comme "collaborateur" à la réalisation, et scénariste, Saïd Smihi est un ancien dissident marocain, réhabilité par Hassan II.
Président de la première Assemblée Nationale du Maroc en 1956, Mehdi Ben Barka sera un des plus virulents opposants au régime de Hassan II, roi du Maroc en 1961. Condamné à mort par contumace, par une cour marocaine, en 1963, Ben Barka part en exil à Alger puis au Caire. Il sera enlevé à Paris en octobre 1965, son corps ne sera jamais retrouvé. "(...) on sait aujourd'hui de manière avérée que que les services secrets marocains, encadrés par la CIA, ont mené à bien" l'enlèvement, note Serge Le Péron. De nombreuses zones d'ombre subsistent, notamment concernant l'implication des services secrets français, et ce malgré un long procés, ouvert en septembre 1966, et qui a abouti à la condamnation de plusieurs ravisseurs de Ben Barka (dont Georges Boucheseiche) et (par contumace) de Mohammed Oufkir, ministre de l'intérieur marocain et ennemi juré de l'opposant. Le film sort en salles le 2 novembre 2005, soit 40 ans, presque jour pour jour, après l'enlèvement, le 29 octobre 1965. Le titre du film est en fait celui de la confession de Georges Figon, publiée par L'Express le 10 janvier 1966, quelques jours avant que le voyou ne soit retrouvé mort.
"J'ai vu tuer Ben Barka est né d'une situation très précise : il y a quatre ans, une amie cinéphile, Frédérique Moreau, m'a raconté un dîner qu'elle partagea avec Franju à la fin de sa vie, au cours duquel il lui avait confié avoir arrêté l'alcool suite à un événement tragique qui l'avait profondément marqué : l'enlèvement de Ben Barka qui se produisit – dit-il – sous ses propres yeux, alors qu'il avait rendez-vous avec l'opposant marocain à la Brasserie Lipp. Selon Franju, il le vit s'apprêter à entrer dans la brasserie, puis être arrêté par deux hommes et précipité vers une voiture. Il y a, certes, une part d'hallucination dans ce récit car il n'a pas pu voir la scène de l'endroit où il se trouvait, mais il est en revanche avéré qu'il avait bien rendez-vous avec Ben Barka le 29 Octobre 1965. De mon côté, j'étais à l'époque adolescent et je me souviens avoir assisté au procès qui eut lieu en 1966 : l'affaire Ben Barka était une affaire énorme qui fit presque vaciller le pouvoir gaulliste et révéla un système politique parallèle agissant dans l'ombre du régime officiel... Mais j'avais en revanche complètement oublié l'implication de Franju et de Marguerite Duras dans l'affaire. C'est donc l'idée troublante que Ben Barka a été enlevé – pour ainsi dire – à cause du cinéma qui m'a donné envie de recomposer cette tragique affaire et d'en faire un film."
Le rôle joué, malgré eux, par Georges Franju et Marguerite Duras, dans l'affaire Ben Barka, est rarement évoqué. Pourtant, souligne le cinéaste, "cela ne fait pas le moindre doute : tous deux ont véritablement cru qu'il s'agissait de produire un documentaire sur la décolonisation, pour lequel Ben Barka était censé servir de conseiller historique. Franju devait en signer la mise en scène et
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