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Je pense à vous Critique

"Je pense à vous" Critiques

Film
Je pense à vous
Auteur
anonymous
Date
2006-11-29 01:00:40
Note
2/5 2 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

On y a déjà pensé

Je pense à vous est aussi le titre d'un film réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne en 1992, juste avant le long métrage qui les fit connaître, La Promesse.

Baer-Berling : bienvenue au club !

Edouard Baer (dont le cinéaste apprécie "le contraste entre son côté frénétique, extraverti, et ce qu'[il] croi[t] deviner d'un fond mélancolique") et Charles Berling ("un monstre d'énergie", doublé d'un "caméléon" selon Pascal Bonitzer) se connaissent bien pour avoir formé en 2001 sur la scène de la Gaîté-Montparnasse le tandem de Cravate club, une pièce de théâtre de Fabrice Roger-Lacan. Ce spectacle était ensuite devenu un an plus tard un film, réalisé par Frédéric Jardin.

Ecrit et chatiments

Pour Rien sur Robert, son deuxième long métrage, Pascal Bonitzer avait pris comme point de départ une authentique polémique médiatique. Fabrice Luchini y jouait le rôle d'un intellectuel raillé par ses pairs pour avoir émis un jugement à propos d'un film bosniaque qu'il n'avait pas vu -il s'agissait d'une allusion à des propos d'Alain Finkielkraut concernant Underground d'Emir Kusturica. Cette fois, le réalisateur est parti de l'affaire qui entoura la sortie de Rois et reine d'Arnaud Desplechin. La comédienne Marianne Denicourt fit un procès au réalisateur, auquel elle reprochait de s'être inspiré d'éléments de sa propre vie pour nourrir le personnage de Nora (lire le secret de tournage intitulé "règlement de comptes" et l'article sur le procès). Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Bonitzer a en effet travaillé dans un premier temps avec Christine Angot pour l'écriture du scénario de Je pense à vous. Et peu après la fin de leur collaboration, la romancière publiait le roman Les désaxés, dans lequel elle racontait le quotidien d'un couple en crise, François et Sylvie, deux personnages inspirés par... Bonitzer et son ex-compagne Sophie Fillières. "Qu'est-ce que ça veut dire être un créateur, un écrivain, un auteur, quand on utilise, peu ou prou, la vie de gens qu'on a connus de plus ou moins près...?", s'interroge le réalisateur. "C'est une question que j'ai eu à me poser, pas seulement parce qu'elle m'a été à moi-même posée, à mon corps défendant ; je me la pose depuis que j'écris et fais des films. C'est peut-être l'un des sens du titre." Refusant de pousser trop loin la comparaison avec la réalité, il ajoute : "Le récit à clés est toujours limité, et toujours par la dimension sous-jacente du règlement de comptes. Et l'autofiction n'y échappe pas, narcissisme en plus. Or, le règlement de comptes me répugne et ne m'intéresse pas."

Le Pari(s) de Pascal

Pascal Bonitzer précise ses intentions : "Dans mon précédent film, Petites coupures, j'étais parti de l'idée d'un homme qui se perdait dans une forêt, illustrant les premiers vers de La Divine comédie. Là, j'ai eu envie de revenir à Paris, de faire un film parisien, dans tous les sens du mot, mais toujours avec cette idée d'égarement, de perte, et toujours la forêt. J'ai ainsi pensé très tôt au Bois de Vincennes ; dans les toutes premières versions du scénario, le zoo jouait aussi un rôle... Pour être franc, j'envisageais à l'origine un film fantastique, en me souvenant de La Féline de Jacques Tourneur. Mais je ne suis arrivé à rien (...) Ce qu'il en reste dans Je pense à vous, j'espère, c'est une certaine atmosphère de cauchemar, de mauvais rêve, en effet. Donc, oui, cet égaré, c'est Hermann, un éditeur, pris dans des complications "parisiennes". Le "parisianisme", c'est plutôt mal vu, mal famé (notamment dans la profession du cinéma, où tout ce qui y a trait est considéré comme rédhibitoire), et généralement associé au "nombrilisme". Moi, je voulais partir de là et déboucher en pleine étrangeté."

Coups de fil(m)

Le cinéaste revient sur le rôle-clé que joue dans le film un objet du quotidien devenu omniprésent : le téléphone portable. "Eh bien, c'est vrai que j'ai trouvé l'histoire quand j'ai trouvé le coup du portable, c'est-à-dire la photo prise par Worms et la circulation de cette photo d'un portable à l'autre. Et aussi, par entraînement, le message SMS d'Antoine, l'échange des portables entre Anne et Diane... C'est une façon d'actualiser le vaudeville classique, le truc des quiproquos et des messages qui ne parviennent pas au bon destinataire... Il se trouve que le portable joue un rôle envahissant dans notre vie quotidienne, j'avais donc envie de faire jouer à cet horrible et incontournable instrument un rôle à la fois horrible et incontournable..."

Copyright © Allociné 2006.


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