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Le point de départ du film est un article d'Emmanuel Carrère consacré à un fait divers et paru en 1996. Et c'est Jacques Audiard qui s'y est tout d'abord intéressé... Le producteur Jean-Louis Livi se souvient : ""Jacques Audiard et moi découvrons un article d'Emmanuel Carrère paru dans L'évènement du jeudi : "Je la recherche, je la tue, je l'aime ou la disparition de la mère." Ce texte beau et fort nous bouscule et nous demandons à Emmanuel Carrère d'en écrire un scénario. Après trois mois de travail, Emmanuel y renonce. J'en suis marri mais je tiens quand même à poursuivre le projet. Et Jacques aussi... Entretemps, Jacques réalise Sur mes lèvres que je produis. Il tourne ensuite De battre, mon coeur s'est arrêté... Mais nous reparlons régulièrement de Je suis heureux..., qui continue à nous serrer le coeur. Jacques propose alors de faire appel à Alain Le Henry . Alain nous écrit un scénario que Jacques accepte de réaliser... Sur ce, arrive Un prophète, qui devient sa priorité, ce qu'on ne peut lui reprocher ... Il voulait toujours faire notre film mais moi... je ne voulais plus attendre !
Pour la répartition des rôles sur le plateau, Claude et Nathan Miller avaient établi une stratégie avant le tournage : "On s'était dit : Claude va diriger les comédiens, faire la scénographie, et une fois que ce sera mis en place, moi je m'interrogerai sur où mettre la caméra", explique le fils, qui ajoute que cette idée a été abandonnée le jour des essais avec les comédiens : "Claude m'a dit : " Viens, on sort. " Et là, il m'a dit : " On ne va pas y arriver, ça va pas marcher... En fait, tu vas tout faire, mon pote ! Et moi, je serai Salomon derrière le combo. Et quand il y aura un souci, quand ça dérapera dans un virage, quand ça ne me plaira pas, à tort ou à raison, je viendrai te voir et je te le dirai dans l'oreille." J'étais un peu estomaqué, mais j'ai très vite compris qu'il avait raison."
L'action du film se déroulant sur plusieurs époques, les cinéastes ont opté pour un parti-pris : toutes les scènes de flashbacks sont filmées en plan fixe. n'y a pas un mouvement. Les cadreurs avaient interdiction de bouger, même si c'était simplement pour recadrer. On appelait ça " les plans russes " !", plaisante Nathan Miller. "Cette idée nous est venue d'un court métrage qu'on aime beaucoup : L'Amertume du chocolat de
Yves Verhoeven, qui incarne le père adoptif de Thomas, est un acteur fétiche de Claude Miller, qui le dirige ici pour la cinquième fois.
Nathan Miller explique pourquoi Vincent Rottiers s'est vite imposé pour le rôle de Thomas. "La personnalité même de Vincent dans la vie nous plaisait. Elle correspondait à Thomas. Non qu'ils se ressemblaient, mais on savait qu'on pourrait en parler avec lui, que ce serait simple. La première fois où on l'a rencontré, c'était dans un café Place Clichy. Il était en retard et ne trouvait pas l'endroit. Du café, j'ai passé cinq minutes à le regarder sur le trottoir et j'ai dit à Claude : " T'as vu, il y a Thomas dehors. " Avec son téléphone, sa façon de bouger, son instabilité, sa nervosité, c'était vraiment Thomas, comme on l'avait écrit."
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