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"Des amis m'ont parlé d'une série de livres d'un auteur britannique qu'ils trouvaient absolument fantastiques. J'ai été à mon tour stupéfait par l'imagination, l'audace et l'intelligence de ces romans. En termes d'ambition et de profondeur philosophique, ils laissaient loin derrière tout ce que j'avais pu lire jusque-là. (...) Ce livre comportait tout ce qui ferait un grand film : une histoire passionnante et bouleversante, des personnages fascinants et riches, une réelle profondeur psychologique, une portée philosophique, un remarquable sens du merveilleux. C'est une histoire fantastique sur ce qui compte vraiment, sur l'esprit humain, la loyauté, la bonté et le libre arbitre. Pour moi, quand on décide de faire un film, on doit s'investir à fond dans chacun de ses aspects, et tout me passionnait dans ce projet, sans exception. (...) La magie de cette histoire repose au moins autant sur les relations des personnages que sur son caractère spectaculaire. C'est un monde parallèle remarquablement bien conçu, mais qui témoigne avec authenticité de notre monde à nous, de notre vie d'enfants, de parents et d'individus dans la société. Et même si l'héroïne est une enfant, il n'y a rien d'enfantin ni de simpliste dans cette histoire. Elle devait être traitée avec le ressenti de ce qui fait l'humain, les émotions et les sentiments des personnages. Le cosmique et le personnel devaient être liés, exactement comme l'a fait Pullman."
Parvenir à retranscrire à l'écran la relation entre Lyra et l'ours en armure Iorek Byrnison était l'un des défis majeurs de cette adaptation. Le producteur Toby Emmerich explique : "Lorsque j'ai lu le livre, j'ai été séduit par les liens qui se développent entre Lyra et Iorek. Chris Weitz a magnifiquement transcrit cela dans son film, il a réussi à saisir l'interprétation remarquable de Dakota Blue Richards et l'éblouissante prestation voix de Ian McKellen, et à les unir à la perfection avec d'extraordinaires images de synthèse qui paraissent vivantes. Cette relation hors du commun entre une petite fille et un ours ne pouvait exister que dans le monde de Lyra, mais elle nous apparaît comme profondément humaine et chargée d'émotion." DDakota Blue Richards ajoute : "Iorek est la seule personne que Lyra pense meilleure qu'elle. Il est le seul qu'elle accepte réellement de reconnaître comme plus grand, plus fort et plus courageux qu'elle. Elle admire d'autres personnes, elle comprend qu'elles sont importantes, mais Iorek est la seule exception à sa conviction qu'elle est la meilleure." Pour le superviseur des effets visuels Michael L. Fink, "Iorek n'est pas un ours polaire, c'est un panserbjorne, un ours qui parle et porte une armure. Quand nous animons chaque partie de cet ours, qu'il coure à travers un fjord avec Lyra sur le dos, qu'il soit en train de combattre ou simplement de discuter, ses muscles, ses expressions, même le mouvement de sa fourrure, tout doit être d'une précision sans faille, unique, appartenant à ce seul personnage à ce moment précis. (...) Les personnages en images de synthèse devaient jouer aussi bien que les acteurs humains. Il fallait qu'on puisse oublier le côté technique, la fourrure, l'armure, les éraflures, la saleté sous les griffes, pour ne plus faire attention qu'à l'émotion de leur interprétation. On devait oublier la technique pour ne plus voir que l'être vivant."
Pour les besoins du film, l'équipe de décorateurs et d'accessoiristes a créé plusieurs versions de l'énigmatique aléthiomètre. Pour parvenir à capter le bon design, le romancier Philip Pullman a emmené le chef-décorateur Dennis Gassner au Musée des Pièces Mécaniques pour lui dévoiler les objets qui lui ont inspiré la fameuse boussole d'or du titre. "En un sens, l'aléthiomètre est la fusion de tous ces objets. Beaucoup de gens de mon équipe ont travaillé sur la science des symboles, ce qu'ils évoquent, et sur la manière dont Lyra les lit et les combine. C'est devenu une petite pièce du puzzle. Notre démarche sur ce film a été de trouver la pièce juste dans chaque cas. (...) Il s'agit d'un appareil magnétique lié au temps, un objet qui véhicule beaucoup d'émotions. L'histoire du temps a été unique en termes d'évolution, nous voulions donc créer un objet magique qui appartienne à la famille des appareils mesurant le temps."
La chef-costumière Ruth Myers revient sur ses inspirations : "Nous avons voulu apporter aux gitans une certaine ethnicité, ils devaient donner l'impression de venir de toutes sortes d'endroits différents. Pour Mme Coulter, nous avons choisi l'époque la plus glamour possible, et avons pris pour référence des stars de cinéma des années 30 et 40, puis nous avons fait évoluer ses costumes. Les robes de Serafina Pekkala sont assez destructurées, et la tenue de l'émissaire du Magisterium devait projeter une image d'autorité. Même la transformation de Lyra, qui est d'abord une jeune fille peu soignée puis devient une jeune beauté maquillée et apprêtée grâce à Mme Coulter, avant d'évoluer à nouveau tandis qu'elle voyage vers le Nord, reflète précisément sa conscience grandissante d'elle-même."
La chef-monteuse du film n'est autre que Anne V. Coates, 87 ans, récompensée par un Oscar en 1963 pour son travail Lawrence d'Arabie. Le réalisateur Chris Weitz revient sur cette collaboration d'exception : "Lawrence d'Arabie est à mon sens le plus grand film jamais fait, et j'ai toujours eu envie de travailler avec Anne Coates. Il se trouve qu'elle aimait les livres. C'est fantastique pour moi : j'ai pu travailler avec l'une des plus grandes monteuses de tous les temps. Anne a apporté une grande richesse à la narration. Elle est très rapide, très consciente des effets visuels."
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