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C'est un matin, pendant le tournage du film de Diane Kurys, Je reste !, alors qu'elle était au maquillage, dans l'hôtel Normandy, à Deauville, que Sophie Marceau eut l'idée d'une intrigue qui aurait pour cadre un palace. "Je m'intéresse beaucoup aux histoires humaines, aux destins, et je suis partie sur une histoire de famille , explique-t-elle. Ce qui m'a attirée, c'est l'envie de raconter la vie des gens, multiple, unique et à la fois universelle. L'hôtel permettait de réunir des gens qui ne se croiseraient jamais ailleurs, le long de couloirs mystérieux, avec autant de vies que de portes. Imaginer ce qui pouvait se dérouler derrière chacune était passionnant."
Sophie Marceau décrit La Disparue de Deauville comme "une quête au rythme d'un thriller". "Je ne désirais pas faire un film psychologique où ça parle tout le temps, j'avais envie d'action, confie-t-elle. J'aime que les choses aillent vite, que ça bouge, et le thriller permet d'aborder tous les sujets en y ajoutant le plaisir cinématographique, quelque chose qui soit jouissif à filmer et proposer au public. Le film est aussi une course-poursuite, un chassé-croisé entre ces gens qui se courent après. Tous cherchent quelque chose, ils n'imaginaient pas ce qu'ils vont trouver..."
Le script de Sophie Marceau étant énorme, très dense et très long, les producteurs Oury Milshtein et Ariane Guez lui ont présenté le scénariste Gianguido Spinelli. "Les références de Sophie étaient assez hitchcockiennes et ce qu'écrit Gianguido, toujours très à tiroirs, est assez idéal pour un thriller, raconte Oury Milshtein. Tout en travaillant sur d'autres projets, ils ont écrit ensemble pendant trois ans. Jacques Deschamps, que j'avais rencontré sur Sans toit ni loi, a beaucoup d'humour. Il a apporté un recul, une distance vis-à-vis du projet de Sophie . Du coup, on est arrivé à un équilibre entre quelque chose de grave et des moments plus légers. De façon anonyme, nous avons ensuite donné ce projet à cinq ou six lecteurs dont nous souhaitions le regard extérieur. L'une des lectrices, Rania Meziani, en avait tiré une analyse très fine et elle est venue nous rejoindre."
Pour Sophie Marceau, le choix de Christophe Lambert dans le rôle principal est apparu comme une évidence. "Je me trouvais avec mes deux producteurs dans le bureau de Dominique Besnehard, se souvient-elle. Sa photo était sur une étagère et en la voyant, on a tous eu le déclic. Sans un mot, on s'est juste regardés : c'était lui, aussi simplement que ça. On lui a envoyé le scénario et il a répondu très vite et très favorablement, avec de vrais arguments. Il avait une façon de parler de l'histoire qui lui était presque personnelle. Il s'est complètement approprié le rôle. Il est devenu Jacques à part entière. J'avais vu peu de choses de lui, c'est quelqu'un de très particulier mais je ne le connaissais pas. Il est venu au personnage avec son histoire, toute sa vie, son expérience. Quand il incarne, tout devient fragile, vivant, complexe, passionnant parce que l'on découvre la personne en même temps que le personnage se construit."
Au départ, Sophie Marceau ne souhaitait pas jouer dans La Disparue de Deauville comme ça avait été le cas sur son premier film, Parlez-moi d'amour. "Tout le monde me disait qu'il était dommage que je n'y joue pas, explique-t-elle. Il y avait bien un rôle, mais qui n'était pas très développé. Un jour, inévitablement, ce personnage s'est mis à exister vraiment, il s'est mis à raconter quelque chose. Jusque-là, j'avais occulté son aspect mystérieux et il a bien fallu s'y atteler parce que cela manquait dans le scénario. Je n'ai pas pu résumer ce personnage féminin en un seul, il est donc devenu deux, un personnage dans la dualité, la double identité."
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