La Faute à Fidel est le premier long métrage de fiction de Julie Gavras. Après avoir débuté comme assistante réalisatrice, la fille de Costa-Gavras réalise en 1998 son premier court métrage, Oh les beaux dimanches !, puis signe une série de documentaires, dont certains témoignent déjà de son intérêt pour le monde de l'enfance et de l'adolescence : J'ai 17 ans, l'âge de raison, sur l'engagement politique des jeunes lors des élections présidentielles de 2002 ou Le Corsaire, le magicien, le voleur et les enfants, sur l'enseignement du cinéma dans une école primaire de la banlieue de Lyon. Ce dernier film a bénéficié d'une sortie en salles en 2002.
La Faute à Fidel a remporté en 2006 le Prix Michel d'Ornano, qui récompense chaque année, dans le cadre du Festival du Cinéma américain de Deauville, le scénario d'un premier film français. Les scripts de Depuis qu'Otar est parti et Brodeuses, entre autres, avaient été distingués lors des éditions précédentes.
Julie Gavras revient sur la genèse du projet : "Il y a une douzaine d'années, j'ai vécu en Italie. Là j'ai rencontré Domitilla Calamai qui deviendra plus tard l'auteur de Tutta colpa di Fidel [l'ouvrage, paru en 1998, dont est adapté le film]. Quelques années après l'avoir lu, Tutta colpa di Fidel me trottait toujours dans la tête : les années 70 vues par une petite fille qui les subit, aucune vérité historique imposée, juste celle d'une enfant d'une dizaine d'années qui voit sa vie bourgeoise et confortable chamboulée par l'engagement politique de ses parents. Je trouvais que c'était là une belle façon de raconter à la fois ces années-là et aujourd'hui. De raconter ma génération. Et de me raconter aussi un peu, tout en restant cachée derrière le livre."
Fille d'un homme engagé s'il en est (Costa-Gavras, le réalisateur de L'Aveu et de Z) a inclus dans le récit certains éléments autobiographiques, comme le combat de Fernando pour la cause chilienne (absent du livre) : "J'avais onze ans quand mon père a réalisé Missing sur le coup d'Etat de 1973 au Chili. C'est un souvenir très fort pour moi, je crois que c'est le premier film de mon père dont j'ai compris le sens. Aujourd'hui encore, quand je revois des images d'Allende ou du coup d'Etat, je suis émue. Quand il a fallu que j'imagine quel pouvait être l'engagement du père d'Anna, le Chili s'est imposé."
La réalisatrice a vu 400 fillettes avant de choisir Nina Kervel, l'enfant qui porte le film sur ses frêles épaules. Repérée à la sortie d'une école, cette comédienne en herbe, qui, selon la productrice Sylvie Pialat, a "le charme et la fraîcheur de la petite fille de Zazie de Queneau" ne s'était encore jamais retrouvée devant une caméra. Concernant le travail sur le plateau, la cinéaste explique : "Avec Nina, je travaillais au coup par coup, scène par scène, plan par plan, de façon hyper directive, que ce soit pour les gestes ou pour marquer un regard. Les adultes ont forcément plus de propositions. Nina a ses propres gestes, ses propres expressions qui se retrouvent dans le film. Enfin, avec Benjamin [Feuillet], c'était parfois plus compliqué. Il n'a que six ans et il déborde d'énergie. Dire que je le dirigeais serait exagéré... L'expérience acquise sur mes documentaires avec les enfants m'a été très utile. A certains moments, j'étais sur leur dos, on les faisait répéter, on refaisait des prises... Il a fallu instaurer un rapport d'affectueuse autorité."
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