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La Maison de Nina Critique

"La Maison de Nina" Critiques

Film
La Maison de Nina
Auteur
anonymous
Date
2006-01-26 17:35:23
Note
2/5 2 stars
Provenant de :
Allociné
Critique
Créées dans l'urgence de la Libération, les maisons d'enfants ont accueilli, dès 1944, les gamins sans famille, cachés dans la France profonde puis, dès juin 1945, les enfants déportés, survivants des camps de concentration. Des milliers d'enfants s'y sont reconstruits...

Les intentions du cinéaste


Le 24 mai 2004, soit un mois avant de se lancer dans le tournage du film, Richard Dembo écrivait : "Raconter aujourd'hui l'histoire de cette maison et des enfants qui y vécurent répond à une nécessité profonde. Que tous ceux pour qui cette histoire est celle de leur survie veuillent bien me pardonner les libertés que j'ai prises pour la restituer. Cette fiction était sans doute le seul moyen de rendre compte de ma propre difficulté à être entièrement vivant aujourd'hui."

Une oeuvre posthume


Richard Dembo est décédé en plein montage de La Maison de Nina, le 11 novembre 2004, à l'âge de 56 ans.

Dembo et son projet


Le producteur Alain Rozanes explique pourquoi Richard Dembo tenait à revenir sur cet épisode peu connu de la Libération : "Beaucoup de personnages du film ont existé. Richard connaissait leur histoire d'une manière ou d'une autre : en ayant lu des choses ou en les ayant connus plus ou moins personnellement. Richard a eu des copains qui ont été des enfants cachés pendant la guerre. Il a aussi connu Elie Wiesel, dont le surnom était Leiser. Il s'en est inspiré pour le personnage de Leiser dans le film. D'après ce qu'il nous a dit, cette histoire le travaillait depuis très longtemps. Lui-même était juif, sa famille était originaire des pays de l'Est. Et puis gamin, il a été dans des colonies de vacances qui étaient dans ces maisons. Il connaissait donc l'endroit."

La maison de Richard


La maison dans laquelle le film a été tourné était familière à Richard Dembo. Et pour cause... comme le révèle Pascal Verroust : "C'est l'une des belles histoires du film. La personne chargée des repérages est arrivée avec des photos et on s'est tous mis immédiatement d'accord sur l'une d'entre elles, qui avait toutes les caractéristiques idéales. Et quand ils ont visité la maison -qui était à moitié abandonnée- Richard s'est rendu compte qu'il était dans la maison où il avait tourné La Diagonale du fou. Il nous a appelé en pleurs."

The movie must go on


Alain Rozannes se souvient de sa réaction, et de celle de Pascal Verroust, après l'annonce de la mort de Dembo : "On a été détruit par son décès. On est resté pendant dix jours assis, les bras ballants, sans pouvoir bouger (...) et puis après on repense aux bons moments, à la fin du tournage. Il était tellement heureux (...) Alors, on a réuni l'équipe de post-production et on leur a dit : "On va vous demander quelque chose qui ne sera pas toujours facile et on va le vivre ensemble." C'est ce qui s'est passé." A propos du choix de poursuivre le montage malgré la disparition du cinéaste, Pascal Verroust précise : "Si un peintre laisse une toile inachevée, on peut la voir. Un film, on ne peut pas le laisser inachevé : il n'existe pas. Ce film était arrivé à un état d'aboutissement qui impliquait qu'on aille jusqu'au bout et qu'on le donne à voir. Il n'empêche qu'on a fait ça la peur au ventre : celle de se tromper, de dénaturer le film de Richard."

Copyright © Allociné 2006.


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