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Face a une animation en 2D assez démodée, les producteurs ont eu du mal à trouver des animateurs français pour le dessin animé et se sont donc exilés en Hongrie pour trouver des animateurs de long métrage: "L'on a perdu beaucoup d'animateurs 2D en France, du fait de la sous-traitance asiatique, et de l'exil de nos talents aux Etats-Unis. Comme nous avions fait le choix de la 2D, nous avons été contraints de travailler dans un autre pays. Nous avons choisi la Hongrie, où il a fallu réunir des animateurs de long métrage. Et là, je veux rendre hommage à Philippe Leclerc et à ses collaborateurs partis encadrer, et parfois même former, l'équipe hongroise." raconte le producteur Philippe Alessandri.
Pour le graphisme du dessin animé, le directeur d'animation Pascal Ropars a opté pour un style très épuré, avec des lignes simples délimitant les personnages dans un style très proche des décors égyptien: "C'est un style réaliste, qui donne aux personnages un aspect 2D assez théâtral et épuré. Nous avons opté pour un effet d'à-plat, très graphique, qui s'adaptait bien à l'environnement de l'Egypte antique".
En arrivant en Hongrie, les animateurs français ont dû faire face à de difficiles conditions de travail et de coordination avec l'autre équipe d'animation : "Nous pensions nous installer dans un studio bien équipé, et trouver sur place de nombreux artistes et techniciens compétents... mais nous avons découvert une maison vide, à l'exception de quelques tables d'animation ! Il y avait là un matériel informatique obsolète et une petite équipe de bonne volonté, manquant d'expérience, qui n'était pas structurée pour faire face à la production d'un long métrage ambitieux. Il a fallu s'organiser pour pouvoir travailler. Nous avons bataillé pour obtenir un téléphone et des logiciels à jour, et avons mis nos ordinateurs personnels à la disposition de la production. Certaines situations étaient tellement absurdes que Philippe et moi avons partagés des fous rires inoubliables !", raconte l'assistant réalisateur Fred Trouillot.
Après un premier scénario écrit par Gilles Adrien et Hadrien Soulez Lariviere, le réalisateur Philippe Leclerc a voulu recentrer l'histoire sur le Roi Akhenaton: "Je me suis donc intéressé davantage au personnage d'Akhenaton, à son androgynie, à sa folie. (...) Sa personnalité m'intéressait beaucoup, pas seulement parce qu'il est considéré comme l'inventeur du monothéïsme, mais aussi de par sa représentation statuaire et graphique. Akhenaton avait un aspect androgyne et se considérait à la fois comme “père et mère” de l'Egypte. Il était souvent représenté avec des hanches larges, et quelquefois même avec de la poitrine et du ventre. Je me suis mis à lire beaucoup de textes qui lui ont été consacrés, et qui le décrivent comme un être à part, perdu dans son univers, détaché de la chair et des préoccupations de la vie quotidienne. Son côté mystique le poussait à imposer la paix, quitte à le faire par le biais d'une dictature !"
A l'origine, le personnage de Zannanza, le prince Hittite, était dans le premier scénario une brute épaisse. Mais Philippe Leclerc l'a totalement changé pour accentuer l'ambiguïté avec Akhesa: "J'ai préféré inverser le cliché et dépeindre un homme plus élégant. Une sorte de mercenaire anarchiste et cultivé, qui veut profiter de la vie et emploie des soudards pour arriver à ses fins. Le fait qu'il ait un certain charme permettait aussi d'établir des liens entre lui et Akhesa, des liens qui évoquent d'ailleurs la réalité historique."
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