Recherche par ordre alphabétique

Le Candidat Critique

"Le Candidat" Critiques

Film
Le Candidat
Auteur
anonymous
Date
2007-04-11 01:00:47
Note
2/5 2 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

L'ombre du 21 avril 2002

Si Le Candidat ne fait pas de référence directe au personnel politique français, Niels Arestrup confie avoir été marqué par l'annonce par Lionel Jospin de son retrait de la vie politique entre les deux tours de l'éléction présidentielle de 2002 : "Cela m'a beaucoup ému. Je trouve que cet homme, à cet instant-là, a donné une espèce d'humanité à tout ce cirque en disant ces mots à la fois simples et puissants. C'était très noble et très spectaculaire. J'ai eu l'impression qu'il n'avait pas vu venir et était terriblement surpris. Je me suis dit – mais c'est ma rêverie – qu'il y avait eu manipulation. Et que lui ne l'avait pas senti. Sur ce point je revendique le droit à l'imaginaire. Sans doute que cet incident a travaillé en sourdine pour aboutir au scénario que j'ai ensuite écrit."

Un homme politique modèle ?

Pour se préparer à entrer dans la peau d'un homme politique, Yvan Attal a souhaité interroger le Premier secrétaire du Parti Socialiste, qui était alors l'un des "présidentiables" de la formation de gauche pour 2007 : "J'ai demandé à rencontrer François Hollande qui m'a très gentiment invité dans son bureau", se souvient le comédien. "Il a probablement une dizaine d'années de plus que moi, il est chef d'un parti. Il n'est pas un " jeune " du parti contrairement à mon personnage. C'était néanmoins très instructif. Je lui ai posé un certain nombre de questions, dont les réponses n'allaient pas forcément m'aider à jouer le rôle mais me permettraient de démystifier " l'homme politique " et peut-être m'imprégner de sa personnalité. Si bien que lorsque j'essayais un costume pour le rôle, je n'avais pas l'impression que c'était un costume de cinéma. J'avais à l'esprit son image à lui. J'avais, bien entendu, mes raisons d'aller voir François Hollande, des raisons pas nécessairement politiques d'ailleurs. Mon instinct me guidait vers lui. Mais il ne s'agissait pas de l'imiter pour autant."

Politique / fictions

Depuis quelques années, la fonction présidentielle a inspiré plusieurs réalisateurs français : citons Le Promeneur du champ de Mars de Robert Guédiguian, évocation de François Mitterrand avec Michel Bouquet (2005) ou Président de Lionel Delplanque (2006), un film aux allures de thriller avec Albert Dupontel. Dans un tout autre registre, Michel Royer et Karl Zéro ont remporté le César du Meilleur documentaire en 2007 pour le film de montage Dans la peau de Jacques Chirac, et ont signé ensuite Ségo et Sarko sont dans un bateau. Concernant les films plus anciens, il faut mentionner Le Président d'Henri Verneuil avec Jean Gabin ou Le Bon Plaisir de Francis Girod avec Jean-Louis Trintignant. Sur le thème plus précis du prétendant à l'Elysée, on peut également signaler la comédie Feu sur le candidat d'Agnès Delarive (1989) avec Michel Galabru en candidat encombrant. Enfin, Niels Arestrup reconnaît que la scène du repas de son film a été inspirée par une séquence similaire dans le documentaire de Raymond Depardon 50,81 % (rebaptisé 1974, Une partie de campagne), sur la campagne victorieuse de Valéry Giscard d'Estaing.

Comme une image

Niels Arestrup précise ses intentions : "(...) j'ai pu observer, depuis que je fais ce métier, l'évolution du rapport de force entre les médias et l'art. J'ai vu le poids pris par la télévision et l'apparence. C'est quelque chose qui a profondément changé entre les années 70 et aujourd'hui. J'ai vu la même chose se produire dans le monde politique, d'une façon encore plus crue et vulgaire. Si bien qu'aujourd'hui il me semble qu'aucune parole ne peut exister si elle n'est pas, dans le même temps, une image. Le fait que l'image a pris le pas sur la pensée, la réflexion, l'humanisme, l'art est pour moi quelque chose de très angoissant (...) S'il fallait absolument extraire un message de ce film, ce pourrait être qu'il faut beaucoup de patience pour se détacher de ce qui nous fait, pour essayer de trouver ce que nous sommes, en tant qu'individu. C'est peut-être le sens de cette histoire. Elle aurait pu se passer dans le cadre d'une administration, dans l'organigramme d'un grand magasin (...) d'une certaine façon j'aimerais qu'on puisse abstraire le film du politique, et le voir davantage comme une métaphore."

Retrouvailles

Yvan Attal et Maurice Bénichou s'étaient déjà donné la réplique dans Les Patriotes d'Eric Rochant.

Copyright © Allociné 2007.


Recherche par ordre alphabétique