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Le Dernier des fous Critique

"Le Dernier des fous" Critiques

Film
Le Dernier des fous
Auteur
anonymous
Date
2007-01-03 01:00:34
Note
2/5 2 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

Le dernier sera le premier

Couvert de lauriers, Le Dernier des fous a décroché le Prix Jean-Vigo, une récompense qui distingue chaque année une oeuvre qui se caractérise par son indépendance d'esprit et son originalité. Le film a également obtenu le Prix de la Mise en scène au Festival de Locarno.

Adaptation

Le Dernier des fous est l'adaptation de The Last of the crazy people, premier roman, publié en 1967, de l'écrivain canadien Timothy Findley. Né en 1930, celui-ci débuta comme comédien avant de devenir romancier et dramaturge. On lui doit notamment Guerres (The Wars), portrait d'un soldat de la Première Guerre Mondiale. Fait Chevalier des Arts et Lettres en France, il y est décédé en 2002. Laurent Achard revien sur le travail d'adaptation : "Dans un premier temps, [il] a consisté à transposer dans la France rurale d'aujourd'hui un récit situé dans la bourgeoisie canadienne des années soixante. Dans un second temps, il a fallu travailler plus particulièrement sur le personnage de Martin, placé au centre du film, en veillant surtout à incarner ses nombreux monologues intérieurs, afin qu'il devienne le coeur sensible par lequel toute l'histoire est éprouvée."

L'enfant et les sortilèges

Dans les courts métrages comme dans le premier long de Laurent Achard, l'un des personnages principaux est un enfant. Le Dernier des fous n'échappe pas à la règle. A propos du jeune Martin, le cinéaste précise : "L'enfant découvre le monde. Il est dans la position de l'explorateur qui essaie de comprendre, de décrypter des paysages inconnus avec pour seul repère le pays d'où il vient, c'est-à-dire sa famille. Il se construit donc une compréhension du monde qui n'appartient qu'à lui, avec une logique qui reste souvent opaque et mystérieuse pour les adultes. Cela m'a permis de poser plus radicalement la question du point de vue, que j'avais déjà abordée dans mes autres films : comment raconter et filmer un monde uniquement saisi et interprété par le regard d'un enfant (...) Martin est un buvard, il absorbe tout ce qu'il voit et entend. La réalité lui arrive de manière directe, frontale, brutale. Il est donc constamment confronté à la violence, sans aucun des garde-fous nécessaires – la parole, l'affection... – qui lui permettraient de la tenir à distance et d'y répondre. "

L'opacité des contes

Laurent Achard explique comment il a choisi le jeune Julien Cochelin, qui fait ses premiers pas à l'écran dans le rôle de Martin : "Quand je l'ai vu au casting, je lui ai simplement dit d'aller vers la fenêtre, puis de revenir vers la caméra et de fixer l'objectif, en comptant mentalement jusqu'à dix. Je lui ai demandé de le faire à plusieurs reprises et, chaque fois, il m'était impossible de savoir à quoi il pensait. Souvent chez les enfants, on sent une gêne, une timidité, une curiosité... Chez Julien, au contraire, son visage restait totalement opaque, avec ce regard qui peut vous fixer très longtemps sans laisser transparaître la moindre émotion, du moins en apparence. Et puis j'aimais aussi beaucoup sa façon singulière de bouger, de marcher."

Laurent Achard fait marcher son Cervo

Pascal Cervo, comédien qu'on a souvent vu dans des films relatant de sombres histoires de familles (Les Amoureux, Peau d'homme, coeur de bête) était déjà l'un des héros du premier long métrage de Laurent Achard, Plus qu'hier, moins que demain.

Copyright © Allociné 2007.


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