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Le Grand Meaulnes Critique

"Le Grand Meaulnes" Critiques

Film
Le Grand Meaulnes
Auteur
anonymous
Date
2006-10-04 01:00:34
Note
1/5 1 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

Une référence au destin tragique d'Alain-Fournier

Le film de Jean-Daniel Verhaeghe évacue le merveilleux du roman d'Alain-Fournier pour en proposer une nouvelle lecture où sont soulignées la dure loi de la réalité et la dimension d'échec déjà présentes dans le livre. L'action prend ainsi place à la veille de la Première Guerre mondiale avec des renvois multiples à cette période trouble marquée par la mort du héros devenu soldat à la fin du film. Cette ultime scène fait référence à la vie de l'écrivain, car c'est lui et non Meaulnes qui meurt au champ d'honneur au début de la guerre 14-18.

La version 67 de Jean-Gabriel Albicocco

Le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier a déjà fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 1967 signée Jean-Gabriel Albicocco. Le rôle-titre était alors interprété par Jean Blaise. Pour l'occasion, celui-ci était entouré des acteurs Alain Libolt, Brigitte Fossey et Alain Noury.

"Le Grand Meaulnes" vu par Jean-Baptiste Maunier

Pour se préparer au rôle de François Seurel, Jean-Baptiste Maunier a lu le scénario avant le roman. "Je préfère l'adaptation à l'original parce que les ajouts de Jean-Daniel Verhaeghe sont vraiment pertinents, explique le comédien. Le thème qui m'a le plus touché dans le roman d'Alain-Fournier est celui de l'amitié, car cela représente quelque chose de très fort pour moi (...) Je pense que cette histoire va montrer aux adolescents comment affirmer leur personnalité et ne pas suivre bêtement une idole en toc qu'on leur vend à la télé."

Nicolas Duvauchelle et Augustin Meaulnes

Nicolas Duvauchelle raconte comment il en est venu à faire partie de cette aventure : "J'ai toujours rêvé de faire un film en costumes. Quand mon agent m'a fait lire le scénario du Grand Meaulnes, j'ai tout de suite accroché avec l'histoire. J'ai été séduit par le coup de foudre au premier regard avec Yvonne mais également par le serment donné à Frantz." Concernant Augustin Meaulnes, l'acteur le considère comme un "personnage qui vit exactement comme il l'entend, qui fait ce qu'il a envie de faire et peut partir n'importe où sur un coup de tête". "Il ne fait que suivre ses envies mais en contrepartie il est très lunatique avec tout le monde, ajoute-t-il. Le Grand Meaulnes ne parle pas beaucoup - bien qu'il soit beaucoup plus bavard dans l'adaptation de Jean Cosmos que dans le roman original - et c'est ça qui le rend fort : ses silences, ses hésitations. C'est un personnage qui a beaucoup plus à taire qu'à dire."

Le roman d'Alain-Fournier vu par Jean Cosmos et Jean-Daniel Verhaeghe

Le scénariste Jean Cosmos et le réalisateur Jean-Daniel Verhaeghe expliquent leur attrait pour le roman d'Alain-Fournier. Jean Cosmos : "C'est un roman qui est écrit par un post adolescent et je crois que c'est sa qualité fondamentale. Alain-Fournier l'écrit à mon sens pour lui-même, avec beaucoup d'ingénuité. Il est encore assez jeune. Le roman est édité en 1913, il a tout juste vingt-sept ans. Pour un jeune homme de cet âge, à cette époque et qui, de plus, a tenté Normal Sup., ce n'est pas pédant, c'est au contraire assez fluide. Le roman est assez autobiographique. Le personnage d'Yvonne est lié à la rencontre faite sur une promenade parisienne avec une jeune femme avec laquelle Alain-Fournier a eu très peu de rapports, tout juste une petite conversation passagère, mais qui a hanté son adolescence. Et c'est ce qu'il nous raconte dans ce roman. Il nous raconte l'aventure d'un jeune homme assez frustré qui entrevoit une silhouette, qui a rêvé et construit sa vie sur ce rêve. Ce qui est étonnant lorsque l'on met le nez dans ce livre de manière technique dirais-je, c'est que l'on ne sait pas où est le charme, mais il est partout. C'est une chose unique dans les lettres modernes. La qualité du "Le Grand Meaulnes" , c'est le charme, le mystère. Et lorsque l'on vient au cinéma avec une oeuvre aussi brumeuse, c'est-à-dire sans contours précis, sans destin cerné de manière absolue, le danger est l'hyper réalisme du cinéma. Yvonne à l'écran ce n'est plus la vôtre. Meaulnes non plus... Or à la lecture, seul votre imaginaire est sollicité." Jean-Daniel Verhaeghe : "Il faut aussi rappeler que le livre est un récit raconté par une tierce personne. Ce qui montre déjà la fascination qu'a le narrateur pour Meaulnes. C'est quelqu'un qui va faire irruption dans sa vie et modifier celle-ci et son regard sur les choses. C'est dans cette mesure que je vois volontiers Meaulnes comme un personnage Pasolinien. C'est-à-dire quelqu'un qui arrive, traverse et change les personnes qui l'entourent."

Copyright © Allociné 2006.


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