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A l'origine, Jean-Pierre Cassel - déjà présent au générique du court métrage de Nicolas Bary Judas, Isabelle Nanty et Jean-Claude Dreyfus devaient faire partie du casting des parents.
Quant au roman dont est tiré le film, il a vu le jour lorsque Henry Winterfeld, alors scénariste de films et de pièces de théâtre, s'est mis à inventer des histoires pour son fils Thomas, malade et cloué au lit. Décédé en 1990 aux Etats-Unis, cet écrivain aura également été l'auteur de deux autres best-sellers pour enfants : L'Affaire Caïus (1959) et Caïus et le gladiateur (1969).
C'est à l'âge de 9 ans que Nicolas Bary découvrit le grand classique de la littérature enfantine qu'est Les Enfants de Timpelbach. Trois ans plus tard, ce fils de musiciens, déjà sensible à l'importance du rythme, se replongea dans le livre et s'imagina partager les aventures de Manfred et Thomas. Avec l'idée obsessionnelle d'adapter un jour ce roman sur grand écran, Nicolas Bary étudia dans une école de réalisation, enchaîna les stages sur des tournages et signa deux courts métrages, dont Before (2004), inspiré... des Enfants de Timpelbach. Tourné pour 10 000 euros, ce petit film de 10 minutes campe l'univers du long métrage à venir : on y décèle déjà l'influence du cartoon, le tempo cadencé, la prépondérance des enfants, la poésie burlesque... Tout en cherchant à obtenir les droits d'adaptation, le jeune cinéaste rencontre Dimitri Rassam, bientôt producteur de son court suivant : Judas, avec Jean-Pierre Cassel. "Cela m'a permis de mieux comprendre comment l'accompagner et m'a confirmé dans l'intuition qu'il est capable de sublimer les moyens qu'on lui donne," affirme le producteur. Nicolas Bary et Dimitri Rassam s'engagent alors dans une aventure qui durera 4 ans. La tâche est titanesque : il faut acquérir les droits auprès des héritiers de l'écrivain, trouver un scénariste qui comprenne l'univers de Nicolas Bary, entreprendre des recherches de visuels et de graphismes, commencer le story-board, s'attaquer au montage financier ... "On a avancé très naïvement, avec une grande liberté d'action, sans se demander si c'était "raisonnable" d'avoir une vingtaine d'enfants, des effets spéciaux et des décors naturels pour un premier film !, reprend Dimitri Rassam. Mais c'était jouissif de développer un projet sans se fixer de contrainte."
Comme beaucoup de cinéastes qui portent leur projet depuis longtemps, Nicolas Bary s'était déjà attelé à une première adaptation des Enfants de Timpelbach lorsqu'il fit la connaissance de Dimitri Rassam. Mais cette version "zéro" du scénario, écrite il y a plusieurs années, n'était pas franchement satisfaisante - de l'aveu même de son auteur. Le producteur lui présenta alors Nicolas Peufaillit qui venait tout juste de collaborer à l'écriture du nouveau film de Jacques Audiard, Un prophète. Pendant quelques semaines, les deux hommes apprirent à se connaître : ils en profitèrent pour évoquer leurs références cinématographiques et envisager la modernisation des personnages. "Je ne crois pas aux adaptations littérales parce qu'un bon livre écrasera toujours un bon film, confie Nicolas Peufaillit. Il fallait mettre davantage en valeur la bande des méchants et la féminiser un peu. On a essayé de leur trouver des fêlures. Dans la mesure du possible, on a cherché l'émotion et l'humour. On a imaginé par exemple de nouveaux personnages comme Mireille ou les deux gardes à qui on a donné des prénoms improbables." La collaboration entre les deux Nicolas dura 18 mois, 18 mois au cours desquels le réalisateur et son coscénariste se virent tous les deux ou trois jours. L'ambiance était à la fois studieuse et festive : "On jouait nous-mêmes les personnages des enfants en prenant de petites voix, note encore Nicolas Peufaillit. On a aussi essayé de travailler les sonorités, notamment pour le phrasé d'Armelle. Mais on n'a jamais cherché les mots d'auteur. Il fallait lutter contre les dialogues désuets et surécrits. C'était d'autant plus difficile que l'époque est indéterminée."
Pour donner vie aux personnages et à l'atmosphère du film encore en gestation, Nicolas Bary s'entoura d'une équipe de dessinateurs dont le story-boarder Eric Gandois qui jeta les bases des futurs décors et costumes. Réunissant une abondante documentation, il soumit chaque proposition visuelle au réalisateur. "C'était compliqué, explique Eric Gandois, parce qu'il fallait créer un univers de conte de fées, mais ancré dans la réalité. Les relations entre les personnages et les émotions sont réalistes, mais décalées. J'ai découpé tout le film en 3 mois et demi, en faisant de petits croquis de mise en place de caméra et de décors. Je travaille principalement au crayon, je scanne mes dessins et je les retouche. Je fais aussi des mises en couleurs." S'appuyant en grande partie sur le story-board, le créateur des costumes Patrick Lebreton prit le relais de Laurent Kim qui avait dessiné tous les personnages. "Comme l'univers de Timpelbach est intemporel, on pourrait croire que j'ai eu beaucoup de liberté, souligne Patrick Lebreton. Mais Nicolas sait très exactement ce qu'il veut – et ce qu'il ne veut pas." Du coup, le costumier s'amusa à mélanger les matières et les couleurs, les éléments modernes à des accessoires des années 1910 et 1930. "J'ai beaucoup travaillé sur la dimension BD des personnages, note-t-il encore. C'est comme ça que j'ai imaginé un costume d'aviatrice pour Corbac, après avoir pensé à une robe de mariée, et que j'ai conçu la fraise de Mme Drohne comme une collerette d'oiseau." Et les enfants ? "J'ai suivi le casting des gamins de très près car leur personnalité et leur physique ont beaucoup influencé la conception de leurs costumes, fabriqués sur mesure," indique Patrick Lebreton.
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