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Les Liens du sang Critique

"Les Liens du sang" Critiques

Film
Les Liens du sang
Auteur
anonymous
Date
2008-02-06 01:01:49
Note
2/5 2 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

L'histoire des frères Papet

Bruno Papet et Michel Papet ont beau être frères, ils ont suivi deux trajectoires diamétralement opposées. Michel, deux ans de plus que Bruno, a passé de longues années à Centrale pour meurtre, cambriolage, proxénétisme, fausse monnaie... Pendant que l'aîné se fait un nom dans le milieu du crime, Bruno entre dans la police par la grande porte en devenant en 1975 inspecteur au groupe de répression du banditisme à Lyon. Ayant rompu tout lien à partir de 1978, les deux hommes vont être amenés à se faire face pour finalement se retrouver en 1995...

Clotilde Hesme vue par Jacques Maillot

Pour le rôle de Corinne, Jacques Maillot a rencontré Clotilde Hesme après l'avoir vue dans Les Amants réguliers de Philippe Garrel. "Dans l'histoire, son personnage apporte quelque chose de droit malgré un passé assez sombre, explique le réalisateur. Elle a pu choisir François comme planche de salut. J'ai fait des essais avec Guillaume et quelque chose de magnétique s'est passé entre eux, une espèce de rapport d'égal à égal. Elle mène le jeu autant que lui. C'est ce rapport qui a déterminé ma décision finale. Elle a en plus une espèce de classe immédiate qui fait qu'on n'est pas surpris que quelqu'un puisse la suivre dans la rue."

L'approche du personnage par Guillaume Canet

Guillaume Canet raconte comment il a approché son personnage : "J'ai d'abord besoin de comprendre sa trajectoire et ses intentions. Après, c'est une situation à jouer. Le personnage était si bien écrit que j'ai pu coller à lui, sans avoir beaucoup de propositions à faire à Jacques Maillot. Pour travailler un peu l'aspect technique du rôle, j'ai parlé avec quelques policiers et Bruno Papet. Dans plusieurs des films que j'ai tournés auparavant, j'ai rencontré pas mal de flics qui m'ont appris certaines choses, comme la manière de tenir un flingue, des attitudes, des façons de parler. Bien entendu, nous nous sommes adaptés aux exigences de l'époque, par exemple en changeant certains mots trop actuels. Les armes ne sont pas les mêmes non plus et la manière de les tenir a évolué. La culture cinématographique nous permet aussi de reproduire des choses que nous avons vues dans les films de Peckinpah ou Lumet."

Genèse du projet

Après la sortie de Nos vies heureuses en décembre 1999, Jacques Maillot a tenté d'acquérir les droits d'un roman américain, Blue River d'Ethan Canin, une histoire de retrouvailles tardives entre deux frères. Malheureusement, une adaptation étant déjà en cours, le cinéaste dut laisser tomber cette idée. C'est alors qu'il se pencha sur le livre Deux frères flic et truand des frères Papet. "Le sujet rappelait un peu celui du livre qui venait de m'échapper, explique-t-il. Je l'ai lu très vite et j'ai immédiatement demandé à mon producteur de se renseigner sur les droits. Le livre était inadaptable en lui-même mais il offrait une matière exceptionnelle. Il s'agissait de deux témoignages plutôt impressionnistes, sans véritable intrigue." En février 2000, le réalisateur s'est entretenu avec les auteurs. "Comme je le subodorais, ce qu'ils m'ont raconté de leur vie et qui ne figurait pas dans le livre était vraiment passionnant. Au départ, j'ai donc eu l'idée, sans doute trop ambitieuse, de raconter leur vie depuis leur enfance. Je me suis rendu compte que cela débordait le format cinématographique habituel. On était dans un type de projet comme ont pu en faire Rainer Werner Fassbinder avec Berlin Alexanderplatz ou Ingmar Bergman avec une réalisation à la fois pour la télévision et le cinéma." Pendant les deux ou trois ans qui ont suivi, Jacques Maillot s'est alors mis en tête de développer le projet en pensant à une série télévisée de six ou sept épisodes d'une heure et demie. Cette saga s'est finalement révélée impossible à réaliser et il s'est donc à nouveau tourné vers un long métrage cinéma. "Il aura fallu quatre ans d'écriture pour en arriver là ! On a perdu beaucoup de temps à attendre les décisions", conclut-il.

Note d'intention

La façon dont on devient ce que l'on est est un thème qui fascine Jacques Maillot. "Dans le cas présent, en partant d'une même base familiale, un des frères devient truand et l'autre flic, explique le réalisateur. C'est un paradoxe qui parle à tout le monde. Il y a aussi le côté polar, que j'ai toujours aimé en littérature comme au cinéma. Si j'avais imaginé totalement un scénario sur ce thème, j'aurais spontanément choisi que l'aîné soit le flic. La réalité a voulu autre chose ! Après, il y a tout un travail de refabrication. Une des choses que l'on cherche quand on fait des films, c'est la complexité, car la vie est d'emblée complexe, traversée par des choses profondes et fortes que la fiction met aussi en oeuvre. Un point de vue unique me paraît parfois un peu pauvre et les destins croisés peuvent servir à éclairer les choses de plusieurs points de vue. Je vais spontanément dans cette direction, sans que cela soit conscient ou voulu. On se rend compte que les milieux de la police et des truands sont en fait assez proches. Dans le livre déjà, sentir deux personnes à ce point différentes et à ce point proches était fascinant. Il existe des différences assez importantes entre les deux personnages mais, comme des ennemis qui finissent par se ressembler, l'univers de chacun des deux frères est assez perméable. D'emblée, cela fait partie de l'intérêt que j'avais à écrire ce scénario."

Copyright © Allociné 2008.


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