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Viggo Mortensen évoque son travail de préparation : "Je suis allé en Russie, ces derniers temps. C'est agréable parce que les gens ne me reconnaissent pas dans la rue. Mais je me suis beaucoup documenté. J'ai découvert ces livres, Russian Criminal Tatoos, et surtout, j'ai vu le documentaire d'Alix Lambert, The Mark of Cain. Ça nous a beaucoup inspirés, David et moi. Etre capable de penser à ce que j'ai vu, entendu et ressenti en allant là où le personnage est censé être né, donne quelque chose de réel dans certaines scènes du film. Je crois que ça aide également les autres acteurs si je parviens à être convaincant."
Dès 1999, le scénariste Steven Knight avait apporté son script au producteur Paul Webster, mais ce n'est qu'en 2004 que la maison de production Focus Features s'est montrée intéressée. L'actrice Naomi Watts a eu très tôt connaissance de ce projet. Elle se souvient : "J'avais lu le script de Steve Knight avant de savoir que ce serait David Cronenberg qui le mettrait en scène. Puis j'ai su que ce serait lui et qu'il y aurait Viggo ; je n'ai pas hésité. Quant à David, il a tant de confiance en lui que ça devient contagieux. Viggo est un acteur incroyablement généreux et c'est aussi un homme exquis. Tous les matins, au maquillage, il me laissait un petit cadeau ou un livre. Il est totalement pris par son personnage. C'est fascinant. Mais j'ai aussi découvert Armin Mueller-Stahl. C'est un acteur fabuleux. Quand on travaille avec un personnage de ce calibre, on n'oublie pas un mot de ce qu'il dit !"
Comme dans plusieurs autres films de David Cronenberg, tels Faux-Semblants et ses frères jumeaux ou A History of Violence, la famille est au coeur de Les Promesses de l'ombre. Y compris la famille criminelle... "(...) on a un peu inventé, mais en partant de ce que nous savions des vori v'zakone. Cela veut dire "voleurs dans la loi", on n'entre dans la famille que parce que l'on est un voleur", explique le réalisateur. "Il faut être des frères en-dehors de la société. C'est quelque chose qui est né dans le goulag, avant même Staline. Au départ, les vori n'avaient pas le droit de posséder quoi que ce soit, ce qui les distinguent de la mafia sicilienne. Le vrai code était : pas de famille (ta mère est une putain), pas de travail, on ne paye pas d'impôts, on ne travaille jamais pour le gouvernement. Ils s'exilaient volontairement de leur propre société. C'est cet exil volontaire qui se transforme en code, en morale, et c'est ce qui leur donne une identité. Nous avons exporté tout cela à Londres où tout change, tout subit une mutation. [Dans le gang du film] il y a un problème de succession entre le père et les fils. Il y a une rivalité entre les deux fils, l'un étant biologique, l'autre "adopté". Et il y a une autre famille, celle d'Anna. Dans les deux familles, il y a de l'amour et de la haine, de l'envie et de la jalousie. C'est assez shakespearien."
Viggo Mortensen a raconté à David Cronenberg qu'un soir, il était entré dans un pub dans lequel se trouvaient un couple de Russes. A la vue des tatouages sur les doigts de l'acteur, les deux individus, effrayés, se sont levés et ont quitté les lieux...
A propos des tatouages que porte Nikolai, David Cronenberg explique : "Ces marques s'inscrivent jusque dans le coeur. Il a altéré son corps aussi sûrement que s'il avait subi une opération de chirurgie plastique." Le réalisateur de Crash poursuit : "Ces tatouages sont comme une langue pure que les anciens veulent conserver, mais elle est terrible. En découvrant ces livres, on est entré dans l'univers de ces tatouages beaucoup plus profondément que dans le scénario original. C'est comme un passeport, en prison."
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