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L'Ivresse du pouvoir est présenté en compétition au Festival de Berlin en 2006.
Comme dans nombre de ses films précédents, on retrouve plusieurs proches de Claude Chabrol au générique de L'Ivresse du pouvoir. Le rôle de Félix, neveu bon vivant et dilettante, est tenu par le fils du cinéaste, Thomas Chabrol, qui tourne pour la douzième fois avec son père (si on compte un téléfilm de la série Les Dossiers de l'inspecteur Lavardin en 1989). Son autre fils, Matthieu , a composé la musique du film (il s'agit de leur 18ème long-métrage en commun). Par ailleurs, depuis de nombreuses années, la scripte de ses films n'est autre que son épouse, Aurore Chabrol, et c'est la fille de celle-ci, Cecile Maistre, qui est assistante à la mise en scène.
Si Claude Chabrol travaille en famille, il aime aussi faire appel à des comédiens qu'il a déjà dirigés, même si on compte quelques nouveaux venus, et non des moindres, de François Berléand à Patrick Bruel en passant par Marilyne Canto. L'Ivresse du pouvoir ne déroge pas à la règle : en dehors d'Isabelle Huppert, on retrouve ainsi Robin Renucci (un des héros de Masques en 1987) et Jean-François Balmer, mari de Madame Bovary, qui tourna aussi dans Le Sang des autres et Rien ne va plus. Citons également, parmi les grands seconds rôles, Roger Dumas et Pierre Vernier, qui en sont à leur cinquième collaboration avec le metteur en scène, ou encore le greffier Yves Verhoeven (sixième long métrage en commun). Derrière la caméra, on compte aussi plusieurs habitués : la scénariste Odile Barski, complice sur cinq longs métrages depuis Violette Nozière, le chef-opérateur Eduardo Serra (cinq films) et, last but not least, la monteuse Monique Fardoulis (24 longs métrages !)
Si le film ne traite pas directement du dossier Elf, le spectateur attentif s'amusera de quelques clins d'oeil à cette retentissante affaire politico-judiciaire. Dans L'Ivresse du pouvoir, le juge d'instruction s'appelle Jeanne Charmant (nom qui rappelle forcément celui d'Eva Joly, en charge du dossier Elf), et le patron mis en examen est interprété par François Berléand, comédien à la barbe grisonnante, dont les traits rappellent singulièrement ceux de l'ex-PDG du groupe pétrolier Loik Le Floch Prigent (l'un comme l'autre sont d'ailleurs affectés d'une maladie de peau). Ajoutons que le cinéaste a confié le rôle d'un homme politique impliqué dans cette affaire à... Roger Dumas (Roland Dumas n'est pas loin...). De même, le personnage qu'incarne Philippe Duclos a pour patronyme Holéo, terme qui évoque le secteur d'activité de la société Elf.
A propos des liens du film avec l'affaire Elf, le cinéaste explique : "On s'est (...) arrangé pour ne nommer aucune personne réellement existante : il s'agit donc d'un univers entièrement fictif ! Pour autant (...) le film laisse entendre qu'il existe quand même, parmi ceux qui ont le pouvoir, certains qu'on pourrait qualifier de racailles et qu'on pourrait nettoyer au Kärcher (...) Quand j'ai décidé de faire ce film, j'ai commencé par dresser une liste des pièges à éviter, et notamment celui de l'identification immédiate et celui de l'imaginaire absolu. Car, de toute évidence, si le film n'avait aucun rapport avec la réalité, il n'aurait guère d'intérêt... En fin de compte, ce qui m'intéressait était de prouver la vraisemblance des événements qu'on relate par une réalité proche." Le film s'ouvre d'ailleurs par un malicieux avertissement : "Toute ressemblance avec des faits réels et des personnages connus serait, comme on dit, fortuite..."
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