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Mémoires de nos pères Critique

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"Mémoires de nos pères" Critiques

Film
Mémoires de nos pères
Auteur
anonymous
Date
2006-11-01 01:00:36
Note
4/5 4 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

Polémique

Aux Etats-Unis comme en Angleterre, la sortie du film donna lui à une polémique relayée à grands renforts d'interviews et d'éditoriaux. Selon Roger Friedman (éditorialiste à Fox News), Melton McLaurin (auteur de The Marines of Montford Point) et l'historienne Yvonne Latty, entre autres, Clint Eastwood aurait délibérément ignoré l'importance des soldats afro-américains dans la bataille d'Iwo Jima pour ne se concentrer que sur des combattants blancs ou indiens. De fait, Mémoires de nos pères ne montre aucun GI ‘s de couleur. Pour toute défense, Warner Bros. argua du fait que le film était l'adaptation fidèle des romans de James Bradley et Ron Powers.

L'histoire de photographie

Le fameux cliché de Joe Rosenthal fixe en réalité le deuxième lever de drapeau sur l'île. Après avoir débarqué sur Iwo Jima le 19 février 1945, la 5ème Division de Marines tenta de s'emparer du Mont Suribachi. Au cinquième jour, les Américains avaient déjà subi de très lourdes pertes, mais obligé les Japonais à se réfugier dans des grottes. Ce matin-là, il fut décidé de hisser les couleurs américaines au sommet de la montagne pour saluer les efforts des combattants et signifier l'espoir, encore ténu, d'une victoire. Le ministre de la Marine souhaita que ce drapeau lui fût ensuite remis à titre de souvenir personnel, mais le colonel Chandler Johnson, commandant du régiment, estima que cette bannière appartenait à ses hommes. Il demanda donc au Marine Rene Gagnon d'aller porter sur place un autre drapeau, plus grand. Gagnon escalade la montagne, où il retrouve les Marines Michael Strank, Harlon Block, Ira Hayes et Franklin Sousley, occupés à installer une ligne téléphonique. En guise de hampe, les cinq hommes décident d'utiliser un vieux tuyau, si lourd qu'ils demandent l'assistance de l'infirmier John "Doc" Bradley. Rosenthal comprend alors ce qui se passe. Il pose son appareil photo et commence à empiler un tas de pierres pour disposer d'un meilleur point de vue. Pressé par le temps, il reprend l'appareil et presse le déclencheur. Geste historique... La pellicule part pour un labo de Guam, où elle est développée avant d'être transmise à Associated Press. Dix-sept heures plus tard, l'agence la met sur le marché. Trois des hommes photographiés ce jour-là mourront au combat. Les Marines Gagnon et Hayes ainsi que l'infirmier Bradley seront rapatriés pour contribuer à la 7ème vente de Bons de Guerre.

Des pertes malheureuses pour Clint Eastwood

La directrice de casting fétiche de Clint Eastwood: Phyllis Huffman avec qui le réalisateur travaillait depuis les années 80, est décédée pendant la postproduction de Mémoires de nos pères, le 2 mars 2006 à New-York. "Elle était sa confidente", explique le producteur Robert Lorenz. "Elle avait du pain sur la planche avec Mémoires de nos pères, qui compte plus 100 rôles parlants. Elle a auditionné des centaines d'acteurs de New York à Los Angeles, et un peu partout.". Phyllis Huffman avait dirigé le casting d'une quizaine de films réalisés par Clint Eastwood ou dans lesquels il jouait : Million dollar baby, Mystic river ou encore Space Cowboys. Son chef décorateur sur 11 films: Henry Bumstead a, quant à lui, disparu le 24 mai 2006 en Californie. En hommage à leur collaboration et à leur amitié, le réalisateur a dédié le film à la mémoire de Phyllis Huffman et Henry Bumstead. Avant de disparaître, Henry Bumstead avait également créé les décors de Lettres d'Iwo Jima, qui sera dans quelques mois le pendant nippon de Mémoires de nos pères. "Je ne pourrai jamais dire tout le bien que je pense de Clint", déclarait ce brillant chef décorateur. "Ses placements de caméra suffiraient à démontrer notre complicité. Je connais ses goûts en matière de mise en scène et ses axes favoris. Je dessine mes décors en conséquence, et je remarque que nos choix ont toujours convergé. Je pense que Clint est aujourd'hui le meilleur réalisateur américain."

On ne change pas une équipe qui gagne!

Pour réaliser Mémoires de nos pères, Clint Eastwood a réuni la fidèle équipe qui l'accompagne depuis des années. Le producteur Robert Lorenz a supervisé toutes les étapes du développement, de la production, de la postproduction et du marketing des cinq derniers films du réalisateur. Michael Owens qui travailla pour la première fois avec Clint Eastwood sur Space Cowboys, assura les fonctions, ici cruciales, de superviseur des effets spéciaux et de réalisateur de deuxième équipe. L'équipe comprenait aussi : le directeur de la photographie , Tom Stern qui a occupé ce même poste sur cinq films de Clint Eastwood après avoir été son chef éclairagiste sur une vingtaine d'autres ; la chef costumière Deborah Hopper (5 films de Clint Eastwood à ce rang, et 9 autres à divers postes) qui pour ce dernier réalisa plusieurs centaines de costumes d'époque, dont plus de 500 pour la figuration. Après avoir obtenu l'étoffe appropriée (un sergé rare et authentique), elle la fit teindre, froisser et user légèrement, puis tailler et assembler. Mais aussi le chef monteur Joel Cox (20 films); le regretté, Henry Bumstead, chef décorateur de 11 films de Clint Eastwood et Phyllis Huffman, la directrice de casting (environ 15 films).

Un dur travail de reconstitution...

Au début de la préparation de son film en avril 2005, Clint Eastwood visita l'île d'Iwo Jima: "Ce fut une expérience très émouvante de fouler le sol de cette île où tant de mères ont perdu leurs fils, dans l'un et l'autre camp." Imaginant l'impact qu'auraient sur ces plages la reconstitution d'un débarquement et la présence de centaines d'artistes et techniciens, le réalisateur ne pouvait envisager de tourner sur place. Il filma alors plusieurs plans à Iwo Jima pour restituer avec le plus d'exactitude l'atmosphère de ce lieu chargé d'histoire. "Aujourd'hui, l'île est inhabitée à l'exception d'un petit détachement militaire nippon et de quelques pilotes américains qui y font des passages occasionnels. Mais lorsque vous observez la plage, vous croyez presque voir et entendre les troupes débarquer. C'est une impression très forte." Un seul lieu au monde pouvait efficacement "doubler" l'île : la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de Reykjavik. "C'est une île géothermique volcanique, qui ressemble beaucoup à Iwo Jima", précise Clint Eastwood. "Sujette à de légères secousses sismiques, elle possède le même sable d'un noir profond dont s'échappent des fumerolles et jets de vapeur. L'Islande en août affiche des températures plus fraîches, mais les conditions y sont similaires à celles d'Iwo Jima en février." Les quelques 700 comédiens, figurants et techniciens firent de Reykjanes leur résidence et base opérationnelle. "On avait l'impression d'être sur la Lune", remarque l'acteur Ryan Phillippe. "Coupés de tout, les acteurs se sentirent bien plus proches les uns des autres que sur un tournage hollywoodien." La production dut transporter d'énormes quantités de sable pour recréer le long mur de protection érigé par les Japonais qui devait bloquer l'attaque américaine. La reconstitution de l'invasion fut une entreprise monumentale, requérant la synergie de l'ensemble des services. Le superviseur des effets visuels Michael Owens travailla en étroite collaboration avec l'équipe pour restituer l'ampleur et la complexité de cette opération. "Ce fut un débarquement à très grande échelle, avec des tirs de mortiers incessants, des frappes aériennes massives, un immense contingent débarquant d'une noria de péniches. Donc une imagerie très chargée, que Michael Owens réussit à incorporer de façon invisible dans les prises de vues réelles", souligne Robert Lorenz. Le superviseur des effets spéciaux, Stephen Riley, coordonna les effets mécaniques et pyrotechniques, en tirant profit du sable noir pour créer des explosions d'un grand réalisme. "Clint ne voulait pas des explosions de cinéma classiques, réalisées en surface, avec des amorces et un peu d'essence. Il voulait montrer ce qui se passe réellement lorsque des missiles touchent terre, s'enfoncent dans le sol et le font littéralement exploser. Cela a exigé pas mal d'essais et des mesures de sécurité particulières, mais je pense que nous y sommes arrivés." Le coordinateur naval Jimmy O'Connell obtint bon nombre de péniches de débarquement d'époque et quelques "bateaux Higgins" munis de rampes. La production fut autorisée à filmer à bord du S. S. Lane Victory, un cargo 100% opérationnel de la Deuxième Guerre, basé à Long Beach, et relooké avec une précision maniaque par Henry Bumstead et son équipe. La recréation du lever de drapeau du Mont Suribachi fut sans conteste le jour le plus chargé d'émotions de tout le tournage. "Une énergie palpable se dégageait de l'équipe, comme à l'approche d'un grand événement", rapporte Barry Pepper. "Représenter ces hommes à l'écran, raconter leur histoire et celle des Marines d'Iwo Jima revêtait pour nous tous une signification très particulière." Mémoires de nos pères a été tourné en 61 jours, à Los Angeles, Arlington, Chicago et Houston, sur les plages d'Islande et à Iwo Jima.

Copyright © Allociné 2006.


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