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Mister Lonely Critique

"Mister Lonely" Critiques

Film
Mister Lonely
Auteur
anonymous
Date
1969-12-31 23:00:00
Provenant de :
Allociné
Critique

Amis intimes

Outre Leos Carax, un autre réalisateur adulé par Harmony Korine figure au casting : Werner Herzog. Le réalisateur allemand est en fait un vieil ami puisqu'il était déjà au casting de son précédent film : Julien Donkey-Boy.

Chaplin, Lavant et Carax

Harmony Korine, à propos de Denis Lavant qui prête ici ses traits à un sosie de Charlie Chaplin : "Denis Lavant compte parmi les acteurs que je préfère au monde. Je le placerais volontiers tout en haut, avec Buster Keaton, Humphrey Bogart et James Dean. Je pense qu'il fait partie de cette catégorie d'interprètes qu'on ne rencontre plus. Il nous renvoie pour ainsi dire au temps révolu des artistes de vaudeville. C'est quelqu'un de très vif, tant sur le plan des émotions que sur le plan dramatique, il est sidérant à regarder. Mais il a aussi cette capacité physique bien particulière, qui est si rare. C'est un peu comme s'il était une star du cinéma muet dans l'usage qu'il fait de ses gestes et de sa présence physique. Il peut dire tant de choses avec son corps. Nous avons écrit le rôle de Chaplin en pensant très précisément à lui. Il a suivi des cours intensifs d'anglais rien que pour jouer ce rôle." A noter que Denis Lavant a été dirigé à plusieurs reprises par le réalisateur Leos Carax qui joue également dans Mister Lonely.

Tournage international

Mister Lonely a été tourné au Panama (où vivent les parents du réalisateur), en Ecosse et en France à Paris. Harmony Korine : "J'ai tenu à préciser Paris dans le scénario car j'ai vécu à Paris pendant quelque temps. Séjour durant lequel je n'ai quitté mon appartement que quatre fois. Mes dents commençaient à tomber. Un jour, j'ai avalé six croque-monsieur. Il me semblait logique de tourner à Paris, c'est tout."

Deux histoires en une

Harmony Korine revient sur l'intrigue parallèle avec les nonnes parachutistes : "Les deux histoires ne se recoupent pas à proprement parler, l'histoire des religieuses fait plutôt office d'allégorie et de contrepoint poétique. Les deux histoires sont comme une mise en parallèle émotionnelle. J'avais le sentiment que le lien était assez fort pour que ces deux histoires soient présentes dans le film, elles s'adressaient toutes deux au même désir de foi et d'obsession."

Les sosies en question

"Mon intention n'était pas de réaliser un film sur Madonna, Marilyn Monroe ou Michael Jackson, explique le réalisateur. Je voulais réaliser un film sur la nature obsessionnelle des gens qui en imitent d'autres, et qui vivraient comme leurs icônes dans un cadre communautaire. Je n'étais pas plus intéressé que ça par les gens qu'ils imiteraient, mais plutôt par le personnage qui se cacherait dessous. Quels sont ces gens qui, lorsqu'ils regardent une célébrité, une icône, non seulement l'admirent, comme tout fan qui se respecte, mais poussent le jeu un peu plus loin ? Il ne leur suffit pas de simplement apprécier les célébrités qu'ils admirent et dont ils adorent les moindres faits et gestes. Ils prennent une décision : "Je vais assimiler l'identité de ce personnage et je trouverai le moyen de gagner ma vie en me faisant passer pour cette personne à des réceptions, dans des maisons de retraite ou sur des salons automobile"."

Copyright © Allociné 1969.


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