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Producteur de Mon colonel, Costa-Gavras, connu pour son goût pour un cinéma engagé, parle de la nécessité de touner un tel film aujourd'hui : "Mon colonel est un film sur le passé autant que sur le présent. Le présent ne finissant pas d'être prégnant du passé il était indispensable d'associer l'un à l'autre, psychologiquement, historiquement, politiquement (...) Nous avons pensé qu'un film axé uniquement sur le passé risquait d'être anesthésiant, aussi délétère que l'absence de film. Il accélérerait le travail de l'oubli déjà instauré. Les victimes sont toujours parmi nous et les responsables le sont aussi (...) La présence de ce passé est une constante dans la vie politique et sociale de notre pays. La récente loi sur " les bienfaits de la colonisation ", la stèle célébrant l'OAS, des assassins, sont autant de preuves que notre pays continue à être contaminé, hanté, blessé par cette période. Aujourd'hui, dans d'autres pays ont lieu les mêmes horreurs commises par des " colonels " et des démocrates comme il y en avait dans la France d'alors."
D'autres collaborateurs de Costa-Gavras figurent au générique de Mon colonel : le chef-opérateur Patrick Blossier qui a travaillé sur 6 longs métrages du cinéaste, de La Main droite du diable au Couperet, la costumière Edith Vesperini, qui a travaillé à trois reprises avec lui, le compositeur Armand Amar, à qui on doit les partitions d' Amen et du Couperet, et même le chef machiniste Yves Vandersmissen. Notons également que, comme ces deux derniers films (ainsi que La Petite Apocalypse), Mon colonel a été co-écrit par le scénariste et dramaturge Jean-Claude Grumberg. La fille de celui-ci, Olga Grumberg, fait d'ailleurs une apparition dans le film, de même qu'Alexandre Gavras, le fils de Costa...
En 2003, Costa-Gavras et Michèle Ray-Gavras contactent Olivier Gourmet, pour lui proposer de jouer le rôle-titre. L'acteur se montre immédiatement enthousiaste, mais le film ne se tournera que deux ans plus tard. Entretemps, les producteurs lui demandent d'interpréter le PDG affable du Couperet, le film réalisé par Costa-Gavras avec José Garcia, et sorti en 2005. Ce film est d'ailleurs, comme Mon Colonel, co-produit par les deux complices du comédien belge, les réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne.
Michèle Ray-Gavras tenait à ce que Mon colonel fût tourné en Algérie, c'est pourquoi elle a attendu deux ans, jusqu'à ce que la situation dans le pays rende possible ce tournage : "(...) je ne voulais pas faire une reconstitution en Tunisie ou au Maroc. C'était un problème franco-algérien et ça devait se tourner en Algérie. L'Algérie et le Maroc – surtout sur le plan architectural - sont différents. Nous avions construit en Algérie pour toujours et l'architecture du film fait partie du “non dit” de notre Histoire. J'ai tenu à ce que nous fassions à Blida la place de l'attentat du 14 juillet même si pour deux jours de tournage nous avons dû faire un convoi et 500 kilomètres." Elle ajoute, à propos de ses liens avec ce pays : "[Costa et moi] nous sommes mariés au consulat d'Alger en 68 pendant le tournage de Z, l'Oscar a été remporté par l'Algérie sans laquelle le film n'aurait pas existé, et nous étions alors voisins d'Abdelaziz Bouteflika [l'actuel président algérien]. Nous avions tous trente ans... et Boutef faisait des discours magnifiques aux Nations Unies."
Très tôt, dans les films français, des allusions sont faites à la guerre d'Algérie. Le héros d'Adieu Philippine de Rozier (1963) se prépare à faire son service, mais les "événements" séparent aussi les amants des Parapluies de Cherbourg de Demy (1964). Godard traite le sujet de façon frontale dans Le Petit Soldat, un film qui, pour cause de censure, ne sortira qu'en 1963, soit trois ans après son tournage. Dans les années 60 toujours, Alain Cavalier signe deux films politiques, Le Combat dans l'ile et L'Insoumis. Citons ensuite Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier (1971), Elise ou la Vraie Vie de Michel Drach (1970) et R.A.S. de Yves Boisset (1973). Après ces oeuvres de dénonciation, les cinéastes peuvent évoquer le sujet de manière plus apaisée (Outremer de Brigitte Roüan en 1990, Les Roseaux sauvages d'André Techiné en 1994), même si Nico Papatakis signe en 1991 le très sombre Les Equilibristes. En 1999, pour Vivre au paradis, Bourlem Guerdjou, un film sur la vie des immigrés algériens à Nanterre dans les années 60, la manifestation du 17 octobre 1961 est évoquée à travers une reconstitution. Ce rassemblement (et la répression qui a suivi) sont au coeur de Nuit noire 17 octobre 1961. En 2006, on a déjà pu voir La Trahison de Philippe Faucon, adaptation du récit d'un ancien sous-lieutenant, et, la même année, Florent Emilio Siri a tourné L'Ennemi intime, un film avec Benoît Magimel et Albert Dupontel. Ces deux films, comme Mon colonel, abordent le thème de la torture pendant la Guerre d'Algérie.
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