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One + one est réalisé durant l'enregistrement de l'album Beggars banquet, sorti en décembre 1968, et qui s'ouvre sur la chanson Sympathy for the devil. Il s'agit du dernier album sur lequel figure le légendaire guitariste Brian Jones, membre fondateur du groupe. Celui-ci quitte les Stones en juin 1969, et le 3 juillet de la même année, il est retrouvé mort dans sa piscine. Le film de Godard est un témoignage des rapports conflictuels entre Jones et les autres membres du groupe.
En 1970, dans le magazine américain Newsweek, le critique Joseph Morgenstern parle, à propos de One + one d'un "songe révolutionnaire qui ne ressemble à rien qui ait déjà été fait. Jean-Luc Godard filme une séance d'enregistrement des Rolling Stones comme une puissante métaphore du développement. (...) Les scènes de répétitions des Stones alternent avec des séquences de pop politique. (...) Du pur génie." Quant à Olivier Assayas, enfant du rock et de la Nouvelle vague, il déclarera à Télérama en 2004 : "Godard capte une radicalité typiquement anglo-saxonne : les Black Panthers, et une violence insurrectionnelle dont les Stones sont les vecteur. Londres est alors une ville en pleine ébullition, c'est l'une des capitales de la contre-culture. One + one est le film qui saisit le mieux cette fièvre ambiante. Godard est le grand cinéaste dadaïste, en perpétuelle remise en question formelle, autant génératrice d'énergie que de destruction. Il s'est toujours efforcé de rapprocher le cinéma des arts plastiques et sa route a aussi croisé celle du rock."
Au départ, Jean-Luc Godard était venu à Londres, à la fin de l'année 1968, pour réaliser un film sur la légalisation de l'avortement, initié par la productrice Eleni Collard. La loi autorisant l'avortement ayant été votée peu après l'arrivée du cinéaste, ce projet est devenu caduc.
One + one marque la seizième collaboration (courts et longs métrages confondus) de Jean-Luc Godard avec Agnès Guillemot, sa fidèle monteuse depuis Le Petit Soldat en 1962. Ils travailleront une dernière fois ensemble pour un court métrage tourné dans le cadre du film à sketchs Evangile 70, sorti en 1969.
Il existe deux versions de ce film, en raison d'un désaccord entre le cinéaste et les producteurs (conflit qui donna lieu à des incidents durant les premières projections de One + one à Londres en novembre 1968). Dans la version originale, on n'entend jamais la chanson Sympathy for the devil dans son intégralité. Les producteurs ont décidé de concevoir une deuxième version, intitulée Sympathy for the devil dans laquelle on entend la chanson en entier pendant le générique de fin.
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