Recherche par ordre alphabétique

Secret Défense Critique

"Secret Défense" Critiques

Film
Secret Défense
Auteur
anonymous
Date
1969-12-31 23:00:00
Note
2/5 2 stars
Provenant de :
Allociné
Critique

Note d'intention

Avec Secret Défense, Philippe Haim tenait à montrer le renseignement sous la seule forme qui l'intéresse, celle de la manipulation des "sources humaines" et les répercussions psychologiques que celles-ci subissent. "Mon souhait était de mettre en scène deux parcours humains parallèles, deux destins contraires mais pourtant complémentaires: celui de Diane, jeune civile recrutée par la DGSE et celui de Pierre, petit délinquant paumé recruté par un réseau terroriste, explique le réalisateur. Même si tout les oppose, même si tout les différencie, ces deux parcours participent d'un seul et unique destin : celui de jeunes gens broyés par des machines de guerre qui les utilisent en les manipulant de A à Z. D'où les troisième et quatrième personnages : Alex et Al Barad." Le cinéaste souhaitait également faire un film d'espionnage au sens profond du terme, et non pas un film qui se passe dans le monde de l'espionnage. "Je voulais absolument montrer cette guerre secrète avec le plus de précision possible, pour mieux en montrer la férocité", conclut-il.

Le choix de Nicolas Duvauchelle

Philippe Haim explique comment il en est venu à choisir Nicolas Duvauchelle pour le rôle de Pierre : "J'ai rencontré beaucoup de jeunes acteurs remarquables qui avaient très envie d'incarner Pierre. Et à chaque rencontre, je me disais "ah oui, il serait formidable, il ferait un bon Pierre". Mais quand j'ai vu Nicolas, je me suis entendu me dire en moi-même "lui, C'EST Pierre !" Nicolas est un acteur prodigieux, une nature, il est totalement dévoué à son rôle, totalement impliqué dans son travail et pourtant léger, adorable sur le plateau, même pendant les scènes les plus éprouvantes. Le plan de travail lui a imposé de commencer par la scène de viol dans les douches de la prison. Nous étions dans un décor extérieur, en hiver, il faisait un froid de canard et pourtant, Nicolas a ri toute la journée. Les conditions de tournage souvent difficiles, car il a beaucoup de scènes très lourdes, ne lui ont jamais enlevé sa bonne humeur."

Tourné à l'américaine

Certains choix de Secret Défense (les cadres, un montage vif, le parallélisme de la narration...) renvoient à une grammaire cinématographique américaine. Philippe Haim s'en explique : "Le cinéma américain est une source d'inspiration constante. Le nier serait ridicule et je tombe à la renverse par exemple devant un film de Michael Mann. Mais l'une des différences majeures entre le cinéma d'espionnage américain et le film d'espionnage français tient à la relation qu'entretient l'industrie américaine avec le pouvoir politique, chose qui n'existe pas en France." Le réalisateur a par ailleurs fait le choix de filmer 70 % de Secret Défense caméra à l'épaule. "D'abord parce que ma culture graphique vient du photojournalisme, et particulièrement le photo-reportage de guerre, bien que je n'en ai jamais fait, poursuit-il. J'ai une vraie passion pour ce genre, d'autant plus que ma soeur fut longtemps grand reporter de guerre. La caméra à l'épaule donne un sentiment de "pris sur le vif", d'urgence pour les personnages autant que pour le spectateur. Et surtout, cela donne le sentiment pour le spectateur de ne pas avoir le droit de voir ce qu'il voit ou d'entendre ce qu'il entend. Il est comme un voyeur dans des coulisses, ce qui me semblait le choix le plus cohérent pour un film qui plonge au coeur du secret."

Consultants à l'appui

Si Secret Défense est avant tout une oeuvre de fiction, Philippe Haim a souhaité s'entourer de consultants qui ont participé à l'écriture du scénario et ont ainsi pu garantir l'exactitude des situations et le profil des personnages : Malek Chebel, islamologue et docteur en psychologie clinique, Anne Giudicelli, ancienne journaliste, spécialiste du monde arabe et musulman, Eric Dénécé, ancien officier de renseignement, Jean-Pierre Lasserre, ancien officier-traitant et chef de poste à la D.G.S.E, Antoine Sfeir, rédacteur en chef des "Cahiers d'Orient", Jean Guisnel, grand reporter au Point, et Stéphane Berthomet, ex-capitaine à la Division Nationale Anti-Terroriste.

La préparation de Vahina Giocante

Pour Vahina Giocante, le travail de préparation a été intense. Elle a dû apprendre quelques bases d'arabe littéraire et a dû intégrer les attitudes corporelles de son personnage, qui vont de la provocation pure et simple au recroquevillement, "comme si le poids des évènements devenait au fil de l'histoire trop lourd pour elle". "Car le voyage de Diane est difficile et il l'abîme à mesure que le service la dévore, poursuit Philippe Haim. "C'est une jeune femme qui prend 10 ans dans la tête en quelques mois. Vahina rend crédible cette transformation accélérée."

Copyright © Allociné 1969.


Recherche par ordre alphabétique