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A l'origine du film, Julie Lopes-Curval souhaitait parler de sa génération, de ses préoccupations... et aussi du rapport à la création à travers deux jeunes femmes : leurs interrogations sur l'amour, leur quête de soi (d'elle-même) et de liberté.
Un jour, dans une exposition, Julie Lopes-Curval est tombée sur une photo de William Eggleston représentant deux jeunes femmes sur un canapé. Cette image l'a bouleversée et lui a donné envie d'écrire une histoire autour de cette photo. "Il se dégageait une complicité et une distance si fortes entre les deux filles, explique la réalisatrice. J'aimais l'idée d'une opposition entre deux femmes réunies malgré elles par leur lien familial. J'ai voulu qu'elles soient demi-soeurs pour me permettre de leur dessiner deux histoires bien différentes, deux caractères très distincts. J'avais envie que cette opposition finisse par les bousculer."
Pour Julie Lopes-Curval, le roman-photo incarne pleinement l'idée d'un monde "parfait" dans lequel on peut s'enfermer. "Le personnage d'Ariane est d'ailleurs dans cette mouvance, explique la réalisatrice. Elle cherche un homme à l'ombre duquel elle pourrait se reposer, un protecteur. Farid en a l'apparence, mais il est évidemment plus complexe. Pour combler ses manques, Ariane se met alors en scène dans une vie fantasmée. L'enjeu de son personnage est de sortir de ce manège, de cesser de tourner en rond pour trouver enfin ce qui est juste pour elle."
Julie Lopes-Curval retrouve ici Jonathan Zaccaï qui avait déjà participé à ses précédents films : le court Madame Butterfly et le long Bord de mer. A son sujet, la réalistarice déclare : "Jonathan Zaccaï est un acteur qui me touche beaucoup, et le rôle de Mark je l'ai vraiment pensé pour lui. Je savais aussi qu'il avait fait quinze ans de violon. Il a apporté beaucoup de fantaisie et de profondeur à son personnage qui aurait pu devenir facilement caricatural."
Julie Lopes-Curval souhaitait opposer l'univers des deux soeurs, tant au niveau des costumes que des décors. Pour le couple Lena / François, la réalisatrice voulait un intérieur fait de lignes claires, des silhouettes très sobres. "Au début, Lena est toujours en gris, en rose pâle souvent monochrome, explique la cinéaste. Puis, petit à petit, sans changer de style, elle se féminise. A la fin du film, elle n'est plus la jeune femme coincée du départ mais une femme épanouie. Tandis qu'Ariane, elle, est de toutes les couleurs, un peu éparpillée, mais finalement très cohérente. A la fin du film, elle est en jaune, mais plus pâle, comme pour montrer qu'elle s'est posée." Pour les moments de roman-photo, Julie Lopes-Curval voulait qu'il y ait un côté années 60, très coloré, un peu décalé, car, pour elle, l'esthétique du roman-photo est indissociable de cette époque.
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