Recevoir les informations de Yahoo! Entertainment sur votre mobile En savoir plus
Le coscénariste du film, Michel Fessler, qui a travaillé sur des oeuvres aussi ambitieuses que Farinelli, Man to man ou La Marche de l'empereur, évoque son rapport au livre de Duras : "Découvert à 18 ans, ce roman a été fondateur de ma passion pour la littérature. Tout ce qu'il contient m'est familier - l'enfance aux colonies, l'amour, la passion, l'injustice, l'ennui, la maladie, la mort (...) Jusqu'à l'âge de 12 ans, j'ai eu une enfance africaine en Centrafrique où j'ai vécu près d'un grand fleuve, l'Oubangui Chari, piqué d'îles où vivaient des piroguiers... Plus tard, j'ai habité le Sénégal, aux portes de la savane. À Thiès, j'étais un enfant blanc au milieu d'enfants noirs et c'est avec eux que j'ai appris à lire, à écrire... Le soir après le dîner, mon père militaire évoquait souvent sa guerre d'Indochine. Il parlait de la mousson, des hauts plateaux, des rizières, des bords de mer, des femmes... Il parlait aussi de l'intelligence des peuples indochinois. J'ai connu et désiré l'Indochine avant de l'avoir vue..."
Un barrage contre la Pacifique a été présenté au Festival de Rome en 2008.
Juliette Binoche avait été pressentie pour jouer le rôle de la mère.
Paru au printemps 1950, Un barrage contre le Pacifique. roman qui a fait connaître Marguerite Duras, a été porté à l'écran une première fois par René Clément sous le titre Barrage contre le Pacifique. Dans cette coproduction italo-américaine, sortie en 1958, le rôle de la mère est interprété par Silvana Mangano, et celui du fils par Anthony Perkins. Alida Valli figurait également au casting.
Le choix du lieu de tournage s'est révélé crucial, comme le confie Rithy Panh : "Il s'est passé quelque chose au moment des repérages. Nous avons recherché l'emplacement de la concession de Madame Donnadieu, près de Ream dans la province de Kompong Som. Et voilà que nous avons découvert que ce qui paraissait un rêve insensé en 1930 : construire un barrage contre le Pacifique pour protéger les rizières, était en réalité un projet visionnaire, puisque aujourd'hui, en 2008, il existe sur ce site un polder, et que la production de riz y est trois fois plus élevée que dans les autres rizières de la région. Pour moi, cela a été comme un signe. Si je n'avais pas pu tourner là, je n'aurais pas fait le film. Il y avait une rivière, des vieux qui avaient connu Duras jeune, qui avaient vu Joseph chasser avec son fusil à deux coups. Ce lieu a nourri mon imaginaire, en inscrivant l'histoire dans la symbolique de la résistance, de la germination et de la transmission. Ce qui par un jeu de correspondances me renvoyait à mon premier film, Les Gens de la rizière."
Copyright © Allociné 1969.